Introduction

L'écosystème est épuisé par une malveillance au profit d'une oligarchie de grands prédateurs qui exterminent furtivement les plus faibles : la faune, la flore, le semblable démuni. Tout voyageur interstellaire bienveillant s'opposera donc à un homme malveillant (et planétairement enfermé/ ref. André Lebeau), assez fou pour assécher une source précieuse de vie avant même d'en découvrir une autre dans l'univers : Œil pour œil, dent pour dent" ! Comme tout paysan prévoyant face aux plantes et bêtes nuisibles, le nomade cosmique combattra une peste terrestre ! Potentiel voyageur, un homme déjà furtif lui interdira-t-il toute furtivité ? Ses appels de prédateur (NASA/SETI, GEPAN, etc.) ne cacheront pas un surarmement terrestre de défi cosmique à des voyageurs plus avancés et par noblesse encore plus furtifs que lui pour lui apporter s'il le veut bien une paix honorable et bienveillante ! Seule une démonstration de responsabilité collective sauvera un homme qui ne pourra longtemps rester "sourd et non aligné" face à un silence cosmique l'appellant à l'allégeance : "Qu'il s'anoblisse ou qu'il meure " ! Tout contact extraterrestre serait autrement celui d'un Jugement dernier.

mardi 1 juin 2010

Une séduction cosmique de survie


Ariste : Un homme-enfant rêve de battre le plus fort alors que
le seul choix rationnel est celui de Pascal : Article le + récent de l'auteur  sur ce thème ici

Seule une absence de traces de malveillance cosmique a vraiment été constatée par Fermi dans notre écosystème et dans la Galaxie. Des traces de bienveillance d'une vie naturelle ou non sont quant à elles bien visibles, en tous cas sur notre planète.

- Des voyageurs interstellaires sont donc encore inexistants.
- Ou ils sont alors bienveillants et furtifs, ne laissant pas de traces observables par des espèces moins avancées telles que la nôtre : des malveillants tels que les pollueurs terrestres ne seraient pas délicats au point de prendre soin d'effacer si bien leurs traces ! L'humanité devrait alors apprendre à en faire sagement autant si elle veut un jour pouvoir s'évader de son étoile et survivre. Aucun visiteur ne s'est jamais présenté ? Croire que des voyageurs interstellaires ne pourraient échapper à notre observation relève de la foi et non de la science.
 
Le silence cosmique ne laisse en effet que ces deux hypothèses également vraisemblables, mais un homme resté prédateur a déjà parié sur la première avant toute réflexion, à savoir, l'absence d'une sagesse extraterrestre plus grande que la sienne. On disserte souvent "scientifiquement" sur la différence à établir entre savoir et croire, mais cette croyance de la science est dans ce cas ignorée puisqu'elle fait mine de penser en ne la dénonçant pas que ce choix est fondé sur un savoir, alors qu'il ne s'agit que d'une foi des plus grossières : il y a à ce sujet un tabou qui interdit même d'en parler. On se moque de la foi dans tous les autres domaines, mais pas là ! 

Certes, aucune trace de vie extraterrestre n'a été observée. Mais outre que seules des traces de vie semblable à celles de notre décadence terrestre pourraient être scientifiquement détectées, un homme intelligent et impérialiste sait que des traces de vie plus avancées que la sienne lui seraient furtivement cachées, comme il cache déjà les siennes pour déjouer les manoeuvres de ses adversaires terrestres moins avancés (les hommes tout autant que les bêtes) en vue de leur imposer sa loi ou de les exterminer. Des voyageurs interstellaires bienveillants qui viendraient nous observer seraient encore plus invisibles et performants que nos drones, et l'homme ne pourra donc jamais scientifiquement les détecter ni les approcher s'ils ne le souhaitent pas, ce qui pourrait très vraisemblablement être le cas. L'avance technologique et scientifique qu'ils détiendraient ne pourrait être comblée comme on fait mine de le croire. Parier sur leur inexistence comme l'homme le fait en tout (son armement, sa façon violente de vivre ...) ne relève pas d'une foi dans le savoir et la science, mais dans sa prééminence cosmique et dans sa force.

La science repose elle-même sur une part naturelle de foi (ou d'imprécision) qui lui permet fort heureusement de se perfectionner longtemps après lorsque la faute initiale n'était pas voulue (ex. rotation du périgée de Mercure). Mais toute déviation s'aggrave inévitablement quand il s'agit d'une faute faite ou conservée à dessein pour conforter le coupable dans sa déviance : comme avec toutes les drogues, l'appétit de la violence vient en mangeant ! Des deux hypothèses ci-dessus, c'est bien la furtivité naturelle d'un voyageur plus avancé de milliers d'années qui est la plus vraisemblable d'après la science elle-même (l'éthologie,  la sociologie...). Le silence cosmique nous annonce naturellement que seuls des bienveillants se tairaient ainsi, et une attente de la venue possible de tels visiteurs chez un homme resté prédateur lui-même est donc aussi incohérente et incongrue qu'une attente de l'arrivée d'une colonne de manchots au milieu du Sahara. Pourquoi alors ne pas en tenir compte au lieu de leur adresser des messages faussement naïfs démentis par un surarmement de plus en plus menaçant ? Pourquoi surtout ne pas changer pour rendre l'humanité responsable ? Qui vanterait sinon encore une colonisation menée par une oligarchie de brutes inconscientes, une souillure qui reste honteusement gravée sur nos momuments et sournoisement poursuivie par un capitalisme de prédation planétaire ? 

Un cancer  généralisé de l'espèce

 

Les métastases du Mal terrestre partent déjà de là : L'homme a fait jusqu'ici le mauvais choix avec son pari sournois sur la loi du plus fort et sur sa prééminence cosmique, et sa décadence se poursuivra donc tant qu'il n'aura pas assumé toutes ses responsabilités de véritable gestionnaire de son écosystème. Une incohérence (la prédation capitaliste) ignorée ou nourrie à dessein dès le départ mène fatalement à un engrenage d'incohérences de plus en plus critiques apportées pour tenter à chaque fois et toujours à chaque fois en vain de cacher les précédentes. Il ne s'agit aucunément là d'une théorie de complot traditionnel ou d'une prophétie de malheur toujours trop facilement taxées de ridicule pour mieux s'en dédouaner, mais de simple bon sens commun : comme dans la machine, la pièce détériorée causera une dégradation accentuée de toute la mécanique si elle n'est pas changée. L'homme devra la réparer à temps pour survivre.       


Une humanité planétairement enfermée et confiante dans son propre avenir devrait pourtant parier sur l'existence au moins potentielle d'une civilisation de nomades interstellaires qu'elle pourrait aller rejoindre, ou à défaut constituer : des nomades de transcendance discrètement retranchés derrière un mur de silence cosmique annonçant implicitement leur bienveillance aux espèces se comportant sagement de même - une discrétion cosmique qui devient ainsi une démonstration de bienveillance avant tout contact interstellaire. Une sage allégeance cosmique que le plus fort, nomade interstellaire déjà confirmé, se serait lui-même imposée avant de l'exiger du plus faible encore simple candidat au voyage.

Cette loi de bienveillance cosmique exprimée depuis toujours par un "silence intrigant sinon inquiétant des espaces infinis" devrait en effet déjà être respectée par toute espèce consciente et responsable. La vie ne pousserait pas mais s'éteindrait inexorablement sans une réduction constante d'une souffrance universelle née de l'ignorance et de l'inconscience : la conscience cosmique du plus fort (celui qui souffre déjà moins) l'amènera ainsi sagement à ne jamais imposer sa volonté au plus faible (celui qui souffre déjà trop) en respectant sa liberté par une aide toujours furtivement apportée à surmonter dignement sa souffrance, en vue d'un épanouissement de communion dans une création toujours plus riche et complexe.  



Une humanité qui pullule dans un écosystème qui s'épuise s'évadera-t-elle à temps vers les étoiles pour une communion transcendantale ? Les malveillants ayant déjà été exclus par ce silence cosmique exigeant, l'existence ou non de voyageurs interstellaires bienveillants est donc vitale pour une espèce dont la seule ouverture donne sur un monde extraterrestre qu'elle devrait en toute hypothèse déjà chercher à séduire en vue d'une cohabitation de survie et d'épanouissement : Une cohabitation avec une avant-garde cosmique d'une civilisation de nomades qui l'aurait jusqu'ici respectée malgré sa vulnérabilité et qui mériterait donc déjà bien son allégeance.


Un contre-exemple de colonisation à ne pas reprendre :

Une colonisation terrestre réalisée en violation de tout respect cosmique est toujours poursuivie par l'homme sous d'autres formes de prédation : un capitalisme devenu planétaire. Ce refus de tenir compte d'une expérience concrètement vécue confirme sa volonté de prédation. Comment des voyageurs bienveillants pourraient-ils lui faire confiance ? Nos "prophètes et visionnaires" (romanciers, cinéastes...) de religion scientifique n'ont que des modèles de prédation à proposer à l'homme pour son avenir : des civilisations hyperprédatrices (type Kardashev et autres) engloutissant l'énergie des étoiles, des galaxies, et même de l'univers tout entier (sphères de Dyson et autres gadgets) à des fins non pas de bienveillance et de préservation de la vie, mais d'objectifs purement égoïstes. Face à de tels superprédateurs en puissance, aucune force transcendantale n'envisagera d'établir des relations quelconques. L'humanité doit déjà démontrer son aptitude à la bienveillance cosmique avant tout contact extraterrestre.

Cette violence des idées reflète une préparation permanente de l'espèce à la guerre. L'homme ne survivra qu'en se préparant au voyage interstellaire, et donc aussi, et préalablement, à l'accueil de voyageurs auxquels il devra déjà prouver sa bienveillance. Or, tout son comportement prouve jusqu'ici le contraire : son armement spatial et ses tentatives répétées de rompre le silence cosmique (SETI, NASA, CNES/GEIPAN...) vont à l'encontre de tout respect envers les extraterrestres quels qu'ils soient, comme il apparaît dans les deux hypothèses envisageables - l'existence ou l'absence de voyageurs ("ovnis intelligents") dans le voisinage terrestre :

Hypothèse d'un Podium Cosmique à conquérir (pas d'ovnis intelligents) : Sachant que des plus avancés qu'il ne pourrait exclure auraient déjà toléré sinon approuvé son incursion, tout explorateur interstellaire intelligent et bienveillant (tout bon chasseur) se gardera des autres en cachant ses traces derrière des phénomènes ou des obstacles apparemment naturels. Une rupture délibérée du silence cosmique (ex. SETI, etc.) relève de la provocation ou de la maladresse, l'homme s'interdisant ainsi avant de partir toute observation "éthologique" discrète d'espèces moins avancées dont l'évolution ne pourrait qu'être perturbée par une connaissance prématurée (science, technologie, philosophie...) qu'il leur apporterait maladroitement. (Christophe Colomb serait ainsi resté au large de l'Amérique s'il avait été transcendant. Seuls des marins savants discrètement déguisés en indiens seraient venus préparer les autochtones à une vraie rencontre de respect cosmique). Un candidat au voyage interstellaire vraiment responsable commencerait donc par se taire et par laisser le moins de traces possibles de son existence derrière lui pour garder toutes ses chances de réussite jusqu'à son arrivée. Il ne s'agirait pas ici d'épreuves électorales faciles à truquer et si chères aux prédateurs terrestres. D'autres prédateurs extraterrestres moins bavards pourraient attendre l'homme à la sortie terrestre, et une mutuelle destruction étoufferait sans doute bientôt un vacarme naissant, mais déjà menaçant pour un silence cosmique que tout digne prétendant au Podium voudrait aussi préserver.

Car un véritable trésor cosmique, une place bien abritée de Pacificateur Universel attend l'heureux gagnant à son arrivée derrière un mur de silence qu'il aurait préservé de toute violation : un gagnant devenu un nomade de transcendance désormais en mesure de proposer (sans colonisation ni violence) une allégeance de paix à tous les candidats locaux au voyage interstellaire : un silence cosmique noble et généreux dans toutes ses implications de paix et de bienveillance universelle. Il serait donc dommage que l'homme détruise ce potentiel providentiel de pacification cosmique en voulant prématurément clamer une prééminence qu'il ne pourrait d'ailleurs revendiquer avant d'avoir gravi les dernières marches du Podium : Un homme qui se comporte jusqu'ici dans l'univers comme "un éléphant dans un magasin de porcelaines", mais aussi, et plus dangereusement, comme un vulgaire superprédateur en puissance. Superprédateur lui-même ou digne prétendant au Podium Cosmique, celui qui l'empêcherait de faire trop de dégâts dans l'univers ferait déjà oeuvre utile.




Face à un Cosmos qui se tait aussi noblement, l'homme actuel, prédateur et pollueur invétéré, a le comportement de celui qui se croit le plus fort et le plus beau :

"Miroir, mon beau miroir... surtout tais-toi ... et ne parle jamais !

  1. Dans l'hypothèse d'un Podium
    Cosmique déjà conquis (
    ovnis intelligents),
  2. cette discrétion de voyageurs interstellaires bienveillants est alors un voeu cosmique rendant vaine toute tentative de rupture d'un silence appelé à durer tant que l'homme ne sera pas descendu de son piédestal.
    1. C'est ce que révèlerait un silence cosmique dans une sagesse que doit découvrir un homme jusqu'ici mauvais joueur, dont les appels répétés aux extraterrestres annoncent avant tout une menace potentielle de viol et de prédation des espèces moins avancées que la sienne : un être qui se prépare plus que jamais à devenir un superprédateur, comme le confirme bien sa violence affichée partout, y compris dans un cosmos qu'il arme déjà. Contre des voyageurs pratiquement invulnérables, à quoi bon en effet une menace dérisoire qui n'attire que des malveillants ? Les bienveillants qu'il faudrait apprendre à séduire n'interviendraient pas entre des prédateurs tels que l'homme. S'ils les laissaient s'évader, ce ne serait alors que pour les laisser s'affronter dans une mutuelle extermination salutaire de leur malveillance. Nos appels aux bienveillants sont donc voués à l'échec tant que l'humanité n'aura pas changé de comportement. Dans le camp de la paix terreste ou cosmique, les actes parlent mieux que les paroles : les messages d'un homme engagé sur le chemin de la conscience se traduiront dans un langage de paix compris de tous les voyageurs bienveillants : il aura un comportement équitable envers sa planète, ses semblables, la nature, la vie terrestre sous toutes ses formes... Ces voyageurs-là ne seront pas séduits par une humanité jusqu'ici aussi peu séduisante. Son attitude agressive ne pourra que les conforter dans leur voeu de silence : avec ou sans l'intervention de prédateurs extraterrestres que des voyageurs bienveillants garderaient sous controle tout autant que l'homme, une espèce obstinée dans la prédation comme l'humanité actuelle finira par s'autodétruire, débarassant ainsi l'univers d'une métastase cosmique potentiellement dangereuse pour la vie universelle.

Une aide extraterrestre à la mutation cosmique pourrait être apportée à l'humanité. Mais comme le jeune arrogant qui doit sortir de son adolescence pour devenir un adulte conscient et responsable, l'espèce doit auparavant sortir d'un âge ingrat de prédation. Elle démontrera au cosmos sa bienveillance en se préparant à l'accueil des voyageurs et à l'évasion d'un homme prêt à s'engager, seul ou non, dans le maintien d'une paix universelle, derrière un Mur de Silence Cosmique déjà pris ou à prendre. Après une transcendance de la matière vers la vie, "un autre Bigbang" semble requis pour passer de l'intelligence à une conscience de responsabilité. La Transcendance ne se révèlera peu à peu qu'à un homme qui parviendra à la séduire en adoptant la même stratégie cosmique de séduction envers d'autres espèces moins avancées.

Inépuisable comme la science, une transcendance au moins potentielle déjà révélée dans la configuration même de l'univers le serait davantage avec l'existence de nomades cosmiques. Le rasoir d'Ockham pointe vers une reproduction matricielle de tout ce qui existe déjà après une existence sous d'autres formes, sans l'oeuf ni l'oiseau ou "le rien" original des croyants traditionnels ou autres. "Tout se transforme" : l'existence sous toutes ses formes n'est qu'un reflet d'une présence cosmique qui était déjà là on ne saura sans doute jamais comment. La question de l'origine ne se pose pas rationnellement. Il ne reste que des traces de vie et de mort (Bigbangs et Bigcrunchs d'univers dont le nôtre, naissances et morts de galaxies, d'étoiles, de planètes, d'espèces...). L'humanité pourrait devenir l'une des racines d'une Transcendance qui se renouvèlerait (cf Osiris) suivant un modèle d'évolution unique de tout ce qui existe.



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mercredi 20 janvier 2010

Survie de l'homme et silence cosmique


Ariste : Un homme-enfant rêve de battre le plus fort alors que
le seul choix rationnel est celui de Pascal : Article le + récent de l'auteur  sur ce thème ici

Face à des drames tels que celui vécu en Haïti, l'homme rêve d'une miraculeuse assurance tous risques. Et en son absence, il se retourne contre toute force qui le dépasse : celle "d'une transcendance" qui est alors, selon ses convictions, la nature, Dieu, le sort, la Providence. Ou des extraterrestres...
Rendre l'humanité plus séduisante : Avec une avance de milliers d'années au moins sur nous, des visiteurs venant seulement des plus proches étoiles représenteraient en effet déjà une forme de transcendance pour l'homme. Leur silence serait donc bien voulu, et un homme qui se rend déjà invisible pour ses propres semblables moins bien armés (radar, avion furtif, satellite...) ne peut prétendre pouvoir découvrir des êtres aussi avancés malgré eux. C'est pourtant ce que proposent de faire de vrais chercheurs (cf. Jean-Pierre Petit, CNES/GEIPAN, NASA/SETI, etc.). Leur voyageur ET est un chat-fantôme prédateur jouant avec une souris-homme elle aussi prédatrice et donc battue d'avance. Si cette attitude irrationnelle est bien conforme à celle de l'homme, il est invraisemblable qu'un voyageur extraterrestre soit à la fois prédateur et respectueux du silence cosmique. Le chat de Schrödinger peut être à la fois mort ET vivant, mais compte tenu du silence cosmique, un voyageur en visite EST la fois à bienveillant et furtif, OU alors inexistant. En allant à sa recherche, l'humanité ne peut donc l'attirer qu'en devenant elle-même séduisante.


"La chasse aux ET" ne peut être gagnée par une petite minorité de spécialistes, mais doit rester sur des bases comprises par chacun : la raison et le bon sens. La science n'apportera rien de plus face à des êtres de transcendance qui ne seraient pas attirés par des savants, mais par une humanité tout entière enfin capable de séduction en devenant digne de confiance. Seul un respect cosmique de bon sens et de raison - "la chose du monde la mieux partagée" - rendra l'humanité séduisante.

Un chemin de paix terrestre : Enfant d'une espèce malade, le travailleur voudrait saboter la machine apportée par un semblable privilégié qui veut convertir tout l'héritage cosmique en outils de prédation. Privilégié et déshérité oublient que l'outil d'héritage doit être constamment maintenu et perfectionné, comme la lunette de Galilée métamorphosée en Hubble, par une espèce en communion autour des deux plateaux d'une balance qui se cache derrière tout outil de production : une espèce veillant à bien peser au profit de tous les hommes des valeurs républicaines bien rationnelles (liberté, égalité, fraternité), des valeurs que toute transcendance trouverait séduisantes. Les Canuts devaient donc cesser de saboter les métiers à tisser, mais les privilégiés doivent aussi cesser de casser la balance de l'humanité en surchargeant stupidement ses deux plateaux de leurs privilèges, comme ils l'ont toujours fait : à la Colonisation, à la Révolution Française, à la Révolution Soviétique, à Cuba, au Vietnam, et partout avec la Mondialisation sauvage de robotisation actuellement menée par une petite oligarchie planétaire d'hyper-riches...


Comme le syndicat abandonnant malgré lui des travailleurs critiques mais jamais solidaires, une transcendance exigerait aussi une cotisation cosmique de l'humanité. Acquise ou apportée, l'intelligence dit à l'homme que rien n'est inépuisable sans création et qu'il ne pourrait vouloir pousser comme l'herbe folle sans aucun respect. Une vraie transcendance serait plus rationnelle que l'image traditionnelle d'un Dieu resté trop éloigné ! Une participation à l'entretien d'une existence transcendantale déjà potentielle en l'homme lui-même devrait s'intégrer dans un instinct collectif de survie. S'il existe des voyageurs interstellaires, pourquoi une espèce prédatrice serait-elle préservée au-delà d'une "adolescence cosmique" tolérable ? L'être intelligent doit faire sienne une loi de survie qui lui dit qu'il ne pourrait lui-même fixer ses frontières, mais s'en remettre pour cela à une force transcendantale qu'il doit reconnaître tout en aspirant légitimement à la comprendre. Comme le jeune arrogant qui veut imposer sa loi, un homme obstiné sera ramené à la raison par une transcendance qui tient vraiment à lui. Il ne pourrait toujours vouloir recevoir sans apprendre à donner.

Qu'en serait-il alors de la justice ? Les déshérités sont en effet les premiers frappés face à des privilégiés mieux armés pour prendre d'assaut les meilleures places en toutes circonstances. Mais une transcendance qui s'adresse à l'espèce entière attendrait des plus forts le même respect cosmique dans cette sous-traitance d'un ordre terrestre qu'ils se sont par la force octroyée, mais qui relève d'une responsabilité collective. Elle ne se laisserait donc pas déchirer en intervenant entre les privilégiés et les déshérités d'une espèce qui ne deviendra séduisante qu'en prenant collectivement conscience par son autotranscendance. Si l'intelligence finissait par l'emporter, la bête humaine mettra au monde un homme capable de transcendance, et les comptes de chacun seraient alors apurés, celui du privilégié venant seulement en dernier.


Artiste, profane ou savant, un champion ne peut que gagner un trésor à partager, fruit d'une découverte dont les conséquences n'apparaîtront qu'après une longue pratique, comme ce fut toujours le cas (la notion de droit, l'avion, l'idée républicaine, l'atome, la notion de socialisme, la TV...). Mais ce retard de la conscience sur le savoir (pesanteur cosmique) est accentué par la prédation. Pressé de recevoir son trophée, le champion souvent singe savant évite en effet les gradins des déshérités pour ramener le trésor qu'il a conquis à un parterre de privilégiés qui le convertissent aussitôt en armes de prédation. Une espèce intelligente doit donc savoir qu'aucun de ses champions ne franchira "le seuil critique de la survie cosmique" si elle ne séduit pas une transcendance potentiellement existante : des cols aussi difficiles ne pourraient avoir été reconnus sans être depuis entretenus et gardés. Si les lois de l'évolution peuvent gérer une vie encore primitive dans chaque système stellaire, la neutralisation de tout porteur de bombes au passage de la frontière interstellaire serait encore bien mieux contrôlée qu'à l'entrée dans nos avions modernes, comme le confirmerait le silence cosmique.

Les responsables des malheurs des Haïtiens sont bien connus : Haïti, ancienne Hispaniola, escale avant l'Amérique, peuplée alors par plus d'un million d'habitants exterminés après le passage apocalyptique de Colomb, repeuplée par des esclaves venus d'Afrique, rançonnée par une France esclavagiste, tenue sous embargo pendant un siècle pour avoir voulu se libérer, comme Cuba actuellement. Comment se relever après un tel acharnement de prédateurs ? Les malheurs actuels de l'île seraient déjà moindres sans une misère qui révèle l'inhumanité d'un capitalisme de prédation planétaire et d'une colonisation poursuivie avec la mondialisation. La situation en Haïti, tout comme demain peut-être celle d'une île de la Réunion déjà surpeuplée et de plus en plus fragilisée, et celle de bien d'autres régions du monde encore plus en danger... est à l'image de la lente agonie qui attend une espèce livrée à la prédation capitaliste. En misant sur l'absence de transcendance, l'humanité fait un pari stupide : si elle se trompe, elle est condamnée à disparaître en préparant elle-même sa propre autodestruction.


Le Silence Cosmique exclut rappelons-le toute menace incontrôlée de prédateurs cosmiques, mais pas l'existence de voyageurs bienveillants que l'homme ne pourrait vouloir fréquenter sans se désarmer. Son attitude est celle d'un prédateur qui parie sur une place de superprédateur à saisir dans un univers dont il deviendrait alors le maître. C'est un choix stupide de roulette russe pour l'espèce.

En route vers une exoplanète portant a priori une espèce parvenue au niveau de l'humanité vers l'an 1000, l'homme aurait tout le temps de réfléchir pendant le voyage (~500 ans ?) : Pourrait-il rompre un Silence Cosmique qui lui annonce que des voyageurs faisant voeu de silence peuvent exister malgré l'absence de traces ? Cette loi de silence cosmique qu'ils auraient alors adoptée, sinon instituée, ne pourrait être rompue impûnément par personne, et un sage voyageur se tairait donc en restant à distance des autochtones encore enfermés qu'il viendrait à découvrir. Il ne se mêlerait à eux que par le moyen d'artifices (robots furtifs, "miracles et apparitions", ovnis, voix, télépathie?...), en vue d'étudier leurs moeurs et leurs langues pour les amener à miser sur son existence dans une forme d'approche cosmique amoureuse. Un voyageur de transcendance n'appellera jamais personne à la communion sans avoir été sollicité : la réalité même de son existence devra rester pour chaque espèce un pari, un choix de chasseur (être ou bête) préparé à découvrir un dernier invité qui le transcendera en sagesse et qu'il respecte déjà par une place réservée à sa table : un pari cosmique sur l'existence d'une "transcendance" au moins potentielle dont on ne peut que ménager la bienveillance par un accueil tout aussi bienveillant déjà offert à ses propres semblables, et qui commande à l'humanité de se montrer discrète et désarmée face à un Cosmos qu'elle ne pourrait en aucun cas vouloir défier.

Une rencontre interstellaire imposée est un inceste cosmique. La colonisation l'a démontré, et Haïti en est un triste exemple : des contacts entre des civilisations aussi différentes sont néfastes et dégradants pour les moins avancées. L'homme commettrait ainsi un crime d'inceste jamais commis par des voyageurs, comme l'atteste le silence cosmique.



La survie de l'humanité dépend de ce choix de respect cosmique : des espèces trop avancées par rapport à d'autres doivent rester dans l'ombre, comme des enfants d'âges trop différents qui ne pourraient jouer ensemble. Mais l'humanité s'engagera-t-elle à respecter les espèces extraterrestres moins avancées pour pouvoir séduire d'autres plus avancées : un respect naturel entre des semblables au moins potentiels. Le silence cosmique s'explique par cette communion attendue entre le plus fort et le plus faible. Tout candidat à un premier voyage doit déjà accomplir ce geste de paix et d'allégeance envers tout voyageur prêt à l'accueillir comme son semblable. En attendant patiemment et en silence l'éveil de l'homme à l'intelligence, un tel voyageur serait pourtant déjà bien séduisant et mériterait d'être remercié pour avoir épargné l'espèce d'une prédation cosmique bien pire que celle laissée dans le sillage de Christophe Colomb.

Les armes de l'homme ne révèlent pas ce choix de séduction cosmique. Un capitalisme de prédation poursuivi par la Mondialisation conduit l'homme à profiter de la faiblesse de ses propres semblables pour en faire des proies encore plus vulnérables. L'accès à l'espace interstellaire ne serait pour lui qu'une extension de son champ de prédation. Le capitalisme empêche l'homme de faire ce pas décisif de paix prouvant à un Cosmos Intelligent qu'il respecterait ses semblables en sortant de son système. Il montre au contraire un poing menaçant de prédateur à la recherche de proies : Le capitalisme met l'humanité en danger d'autodestruction.


Le silence cosmique rassure l'homme en lui rappelant que "si le ciel peut lui tomber sur la tête", tout Mal venant du cosmos lui a été jusqu'ici épargné. Les chemins de l'ordre étant plus difficiles à prendre que ceux du désordre, cet ordre naturel est déjà troublant. La nature aurait donc acquis une intelligence dont l'homme ferait bien de s'en inspirer, et la théorie de l'évolution démontre sa persévérance à ne retenir que les espèces les mieux adaptées à la survie. L'homme ne survivra qu'en apprenant à coopérer avec la nature au lieu de vouloir la dompter, et il n'y aura pas de salut individuel tel que le prône planétairement un capitalisme de prédation autodestructeur. Née naturellement ou non, l'humanité doit apprendre en s'anoblissant qu'elle n'est qu'en gestation chez une mère nature qu'elle ne pourrait indéfiniment épuiser : une mère qui, suivant une loi bien connue, devra dans la douleur l'expulser le moment venu...

- Soit par une renaissance associant cette fois tous les hommes en communion,


- Soit par un avortement apocalyptique de l'espèce tout entière.

Science et religion se sont séparés à propos d'un débat autour d'une bouteille cosmique : une religion optimiste soutenant que la bouteille était à l'origine au moins à moitié pleine, face à une science prudente affirmant au contraire qu'elle n'était au mieux qu'à moitié vide. Leurs chemins pourraient demain s'unir dans une transcendance qui annoncerait que notre bouteille est un bateau également rempli de matière et de pensée. Un bateau qui sèmerait toujours un peu de son intelligence en vue d'une future moisson : une pensée ainsi enrichie au cours d'une longue croissance et récoltée par un équipage qui la reconnaîtrait dans la conscience d'une nouvelle humanité enfin rassemblée. Naturel ou non, l'ordre universel garanti par le silence cosmique est un trésor que l'homme doit préserver, en déclarant préalablement son allégeance à tout messager potentiel porteur de cette Bonne Nouvelle : "L'espace interstellaire est libre de tout prédateur et prêt pour la renaissance d'une nouvelle humanité !" L'homme doit dès lors la mettre au monde afin qu'elle se prépare elle aussi à faire respecter le silence cosmique en allant annoncer à son tour la Bonne Nouvelle à toute espèce qui se préparerait, comme la nôtre, à entreprendre son premier voyage interstellaire.

Des messagers de paix attendraient déjà l'homme à ce rendez-vous cosmique, prêts à l'aider dans une renaissance de l'humanité. Mais prêts aussi à l'abandonner à son sort tragique si elle refusait à vouloir séduire en s'anoblissant. Le milieu interstellaire doit rester un espace interdit à toute malveillance. L'allégeance ne sera pas imposée par la force : la main extraterrestre ne retiendra pas une main humaine qui se dérobe, mais seulement celle d'une espèce qui se donne franchement.

Une greffe gigogne "en poupées russes" :

Des êtres trop dissemblables ne pouvant cohabiter en paix, un monde cohérent ne peut les faire vivre ensemble. En rencontrant l'autre, l'être intelligent doit aussi accepter sans négocier de le traiter vraiment comme son semblable. Cette évidence était carrément niée par l'homme jusqu'à récemment, et elle n'est encore aujourd'hui acceptée que dans les mots...

Une façon cosmique de faire : Dans sa cale terrestre, le navire-école de la transcendance prépare l'enfantement d'un créateur. Un autodidacte cosmique issu de la prédation et appelé à se former en suivant les modèles laissés là par un Maître de transcendance logé plus haut, un être invisible et silencieux qu'un petit prédateur ne rencontrera jamais. Seul dans sa cale, il ne pourrait en effet prétendre accéder qu'au premier pont ou l'attendent sans doute d'autres créateurs déjà sortis de leurs cales et bien décidés à lui en interdire l'accès tant qu'il n'aura pas suffisamment grandi. Comment passer enfin dans la cour des grands ? Il serait vain de vouloir y accéder par la force comme le pousse tout naturellement à le faire son instinct de prédateur. Le Maître ne lui parle jamais que par sa façon de faire exprimée dans des oeuvres sans doute laissées là à dessein, des modèles qu'il ne peut que reprendre pour y découvrir parfois des réponses à ses questions. Nulle obligation de tout recopier : un vrai créateur se doit de faire selon sa propre façon de faire, et le petit prédateur a longtemps vainement essayé d'accéder ainsi au premier pont. Mais il est souvent tenté de casser tous les modèles qui lui sont proposés au lieu de se contenter de les refaire sans les détruire. L'autodidacte cosmique devra finalement découvrir avant d'avoir tout détruit que la porte d'accès au premier pont ne s'ouvrira que lorsque sa propre façon de faire reflètera dans une parfaite communion la bonne façon de faire : un modèle gigogne de création allant vers une perfection toujours plus grande où il n'est pas interdit de dépasser le Maître par certains détours dans sa façon de faire. Sous réserve toutefois d'assurer sa survie par des passages obligés sur une piste de transcendance un peu effacée pour accéder déjà au premier pont de création. Une piste que l'humanité pourrait demain rénover en renonçant à la prédation, avec l'aide d'autres semblables stellaires déjà confirmés dans le voyage.

Un renoncement à la prédation conforme à l'expérience cosmique d'un Maître ayant fait voeu d'invisibilité et de silence serait un de ces passages obligés pour l'humanité, dans une transcendance cosmique compatible avec la religion, la science, le progrès, et bien d'autres valeurs qui lui sont chères. En communion sur les traces de la transcendance, les hommes construiraient ainsi leur poupée russe virtuelle (digitalisée) pour aller à la rencontre d'autres stellaires et la réalisation d'autres projets cosmiques...

Tous les éléments sont déjà en place dans l'univers pour valider ce modèle gigogne de greffe cosmique. Si aucune transcendance n'existait, l'homme devrait alors en faire naître une, ne serait-ce que pour empêcher la venue de bien plus grands prédateurs cosmiques potentiellement prêts à naître, déjà avec l'homme lui-même. Cette seule évidence rend probable l'existence d'une transcendance, mais un pari cosmique reflétant un choix incontestable de paix restera sans doute toujours exigé de l'être intelligent.

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mercredi 4 novembre 2009

Le malentendu cosmique de Fermi


Ariste : Un homme-enfant rêve de battre le plus fort alors que
le seul choix rationnel est celui de Pascal : Article le + récent de l'auteur  sur ce thème ici 

Le Paradoxe ou pari fou de Fermi : un simple malentendu ?

Notre seule galaxie compte entre 100 et 400 milliards d'étoiles, et avec une moyenne de 4 planètes par étoile (8 pour le Soleil), la seule Voie Lactée aurait ~800 milliards de planètes. A raison d'une planète habitable sur 10.000 ou plus, notre galaxie à elle seule compterait encore des millions de foyers où la vie aurait pu naître. Il y a probablement plus de 100 milliards de galaxies dans l'univers.


Devant ces chiffres astronomiques, le savant et prix nobel de physique italien Enrico Fermi s'était étonné de l'absence de traces extraterrestres sur notre planète et dans le système solaire. Il apparaît en effet peu vraisemblable que la vie n'ait pu naître que sur notre planète, dans une galaxie qui contient déjà des étoiles plus âgées que le Soleil de milliards d'années. Des civilisations plus avancées de nomades interstellaires l'auraient "colonisée" en quelques dizaines de millions d'années, pensait Fermi, un temps insignifiant vu l'âge de l'univers (~13,6 milliards d'années). Pourtant, on ne rencontre pas d'extraterrestres sur Terre. Mais où sont-ils donc ?

Tel est le "Paradoxe", ou plutôt le Malentendu Cosmique de Fermi. Ce constat d'un Silence Cosmique bien réel n'a en effet rien de paradoxal, comme il n'est pas paradoxal que le citoyen ordinaire ne cotoie pas l'oligarque : ils ne fréquentent pas le même milieu, n'ont pas les mêmes sujets d'intérêt... Pourtant, l'oligarque existe ! Le silence cosmique n'autorise que 2 hypothèses : des visiteurs capables de voyages n'existent pas, ou ils ne tiennent pas à nous cotoyer, tout comme les oligarques pour le plus grand nombre. La discrétion est toujours une attitude de réserve face à des valeurs différentes chez l'autre. Si la discrétion de l'oligarchie est cohérente avec des valeurs basées sur la force, celle de voyageurs invincibles le seraient sur d'autres valeurs.

Mais malgré ces données et avec une foi de prédateur sûr de lui, l'homme fait ce pari fou qu'il ne ferait jamais dans aucun autre domaine (économie, statistiques, défense, science...) : comme le joueur de tiercé misant sur un cheval non engagé dans la course, il exclue l'hypothèse que des nomades plus avancés de milliers d'années pourraient définitivement échapper à sa science en ne faisant jamais que maintenir cette avance. Ils ne pourraient manifestement se dévoiler que s'ils étaient séduits. Cette foi de l'homme dans sa science n'a donc rien de rationnel.

Une évidence occultée par le Paradoxe de Fermi : seuls des prédateurs débarqueraient au milieu d'une humanité prédatrice. Avec une foi toute religieuse, Fermi s'attendait naïvement à trouver des traces de prédation cosmique dans notre Système Solaire, comme celles laissées par les barbares de la colonisation terrestre. Cette absence de traces n'exclue pas en effet l'existence de voyageurs "civilisés" n'en laissant aucune en restant dans l'ombre face à toute vie moins avancée : un comportement respectueux d'observateurs responsables et bienveillants qu'il faudrait prendre pour modèle. Les données objectives (population stellaire, silence cosmique propice, distances considérables, absence de traces...) sont cohérentes avec l'existence de tels nomades. Une éthique cosmique rationnelle voudrait de plus qu'ils n'auraient pu survivre en tant que prédateurs et qu'ils devraient précisément rester discrets envers les moins avancés, ce qu'aurait déjà dû faire l'homme dans ses contacts avec les moins avancés exterminés ou colonisés. Pourquoi vouloir "retrouver ses clés cosmiques perdues sous le seul lampadaire" éclairé par un homme obstiné dans son comportement suicidaire de prédateur ?

Le Paradoxe de Fermi est donc au mieux un malentendu. Mais à côté d'autres crimes dont la dénonciation conforte l'anticommunisme de l'idéologie dominante (Shoah, Goulag soviétique, Khmers Rouges...), Fermi le conforte aussi en maintenant un homme prédateur au centre de tout, conformément à l'individualisme capitaliste. Une trop longue addiction à la prédation écarte l'humanité de l'hypothèse cosmique la plus probable : l'existence de voyageurs interstellaires bienveillants et respectueux d'un silence cosmique invitant chacun à faire de même pour se prouver une mutuelle bienveillance.

Une stratégie de séduction cosmique est donc toute trouvée pour toute espèce qui voudrait leur plaire : des voyageurs ne pouvant être que bienveillants et discrets, la violence de l'homme est une maladie infantile qu'il doit guérir avant tout contact.


Des hôtes vraiment souhaités ont déjà leur place déjà réservée, nous rappelle le silence cosmique. De tels hôtes resteront par conséquent dans l'ombre tant que l'humanité ne s'apprêtera pas vraiment à les accueillir. Alors qu'un homme prédateur négocierait avec tout prédateur cosmique sur le commerce, la science, la philosophie..., il n'y aurait rien à négocier avec des hôtes bienveillants qui l'invitent à sortir du monde animal avant tout contact ! Le débat sur la présence ou non de voyageurs est aussi inapproprié que celui des chrétiens sur le sexe des anges devant Constantinople assiégée : un débat tout aussi futile, alors que des "assaillants extraterrestres ne seront conquis et prêts à se rendre" que par une bienveillance terrestre indiscutablement démontrée envers la nature et envers nos semblables. Le langage d'un homme diplomate voulant seulement conclure provisoirement ou prolonger une guerre de l'espèce contre la vie (von Clausewitz) est pour eux irrecevable. Rechercherait-on un compromis avec la Mafia sans appartenir soi-même à une autre Mafia ? On la réduit, ou on s'en protège en attendant de mieux faire ! Des voyageurs bienveillants voudraient aussi mieux faire avec une humanité résolument engagée sur le chemin de la conscience cosmique. Mais une espèce restée inconsciente ne peut comme la bête comprendre que le langage des faits : celui d'un silence cosmique sans compromis annonçant qu'elle est sous une protection intelligente qu'elle doit reconnaître.


Le Silence Cosmique annonce une Transcendance au moins potentielle (Etre, civilisation...) naturelle ou non, que l'homme lui-même peut d'ailleurs faire naître s'il est comme il le croit jusqu'ici l'être le plus avancé dans l'univers. De quoi parle-t-on ? D'une Transcendance Cosmique, de Dieu traduiraient aussitôt les croyants, en accord toutefois avec tous les hommes pour un pari cosmique "a minima" de foi dans l'avenir, c'est-à-dire dans l'existence au moins potentielle d'une espèce plus avancée de quelques milliers d'années et capable de voyages interstellaires. Au Casino Cosmique, l'humanité pourrait ainsi miser petit pour s'enrichir au-delà de toute espérance. "Sire, je n'ai pas besoin de l'hypothèse de Dieu" pourrait répéter Laplace à Napoléon ! Et comment dès lors ne pas saluer d'avance la réussite de voyageurs qui auraient déjà fait ce que l'homme devrait raisonnablement faire ? Partant vaincu d'avance, le silence cosmique lui annonce d'ores et déjà que seuls des vainqueurs bienveillants pourraient venir et que la frontière extraterrestre n'a donc pas à être fortifiée, mais sereinement préparée pour leur accueil. Parions donc sur eux et avec eux plutôt que sur un homme superprédateur cosmique !

Des voyageurs interstellaires voués au silence auraient déjà fait plus de la moitié d'un chemin de paix terrestre en misant sur un homme assez intelligent pour parier sur leur existence. Seule une humanité sortie du monde animal et devenue par là séduisante peut les libérer de leur Voeu de Silence. Une espèce devenue consciente de la grandeur de ce Silence ne peut que rechercher la communion, et l'humanité doit se préparer dans l'allégresse et la vigilance pour cette entrée dans un Monde de Paix, un monde sans prédateurs ni proies. Le grand ménage planétaire doit donc commencer, et comme pour tout banquet ou cérémonie officielle, la maisonnée terrestre doit nettoyer les lieux et s'apprêter pour une digne réception d'hôtes de marque alors séduits. Sans cette communion cosmique, la démence de l'espèce la conduira à son autodestruction, à travers des crises répétées (écologiques, sociales, guerrières, économiques...) qui ne sont que des métastases de plus en plus nombreuses d'un cancer déjà bien avancé.


Un saut attendu de l'homme dans un univers transcendantal

Avec un individu potentiellement digitalisable déjà annoncé par la science, une humanité acquise à la sagesse ne serait plus appelée à disparaître : métamorphose artificielle d'un homme allant vers la perfection en vue d'une communion cosmique (mariage de cerveaux). Sorti du Big-Bang, l'espèce ferait ainsi un autre saut de transcendance vers un monde de nomades prêt à l'accueillir ou à édifier par elle-même si elle est la plus avancée : un objectif plus noble que celui d'une oligarchie de perfection dans le Mal qui se prépare à naître. C'est un pari cosmique dont voici des atouts pour gagner :

1 - Un doute cosmique irréductible : La vie peut être répandue dans l'univers, mais notre espèce peut ausi être la plus avancée, ou la seule. Ce doute imposé par un Silence qui l'invite à se dépasser est un cadeau naturel, ou une grâce extraterrestre.

2 - Un modèle de protection cosmique : Sans la frontière du silence cosmique, des prédateurs s'extermineraient mutuellement en accédant au voyage interstellaire : les premiers à s'évader auraient en effet une avance insurmontable sur leurs voisins encore planétairement enfermés si un Silence complice ne les invitait pas à imposer "un impérialisme discret" de sagesse plutôt qu'une colonisation. Sous réserve cependant d'une égale allégeance envers d'éventuels précurseurs invisibles et silencieux qui pourraient malgré tout exister ! Ce doute nourri par les aînés sur leur existence incitera les candidats au voyage à faire eux aussi ce pari intelligent de respect de la vie. Si ce modèle de protection universelle de l'intelligence n'est pas un cadeau naturel, c'est alors une grâce extraterrestre.

3 - Un modèle de respect cosmique : Les sociologues déplorent l'absence d'une approche discrète et réservée de respect des "civilisés" envers des semblables primitifs, ou même envers la faune. Un silence cosmique confirmant ce respect des voyageurs envers des sédentaires appelés à devenir des semblables est cohérent avec leur condamnation de la prédation des déshérités par leurs semblables privilégiés. Si ce respect cosmique n'est pas un cadeau naturel, c'est une grâce extraterrestre.

4 - Un appel à la communion cosmique : Face à un capitalisme planétaire prêt à tout en s'acharnant à détruire un communisme même exangue jusqu'à la dernière pierre (Cuba !), des voyageurs seraient aussi prêts à imposer leur modèle de bienveillance dans leur espace maîtrisé : une réserve universelle de transcendance ne serait pas moins préservée qu'un espace de prédation capitaliste ! Un homme artificiel capable de partage de biens spirituels pourrait donc s'y aménager une entrée : à condition de ne pas faire comme " Ali Baba " que la découverte d'un trésor transforme aussitôt en prédateur. Plutôt que quarante voleurs, une version plus morale de ce conte philosophique pourrrait mettre en scène quarante grands sages voulant éprouver la sagesse d'Ali Baba. Voulu ou non, le silence cosmique est un défi à la sagesse et à l'intelligence de l'homme, un trésor d'un patrimoine universel qui serait préservé par des voyageurs intelligents. A la frontière extraterrestre, la formule "Sésame ouvre-toi" devient dans cette hypothèse "Entrée Interdite aux Prédateurs" ! Si ce modèle de monde sans prédateurs ni proies n'est pas un cadeau naturel, c'est une grâce extraterrestre.

Grâces ou cadeaux de la nature, ce choix relève de la conviction de chacun, d'une façon à soi de reconnaître cette transcendance en puissance que représente déjà l'homme. Si tous les hommes ne pensent pas être nés d'une perfection, tous devraient s'accorder pour aller vers elle. Mais ces Biens doivent être cultivés en communion pour sortir d'un monde qui dénature tout par une culture délibérée de l'égoïsme. Face à une présence de traces de prédation terrestre aussi bien qu'à une absence de traces de prédation cosmique pourtant propice à la transcendance, le bûcheron Ali Baba devient voleur prédateur et le savant Fermi grand prédateur-fossoyeur à Hiroshima ! Aucun gardien du silence cosmique ne se laissera séduire en libérant de l'enfermement planétaire des êtres aussi dangereux pour la vie toute entière. L'homme restera en prison tant qu'il n'aura pas renoncé à la prédation, et cette prison elle-même ne sera pas indéfiniment protégée pour une vie durable.

Une "dérive de transcendance"

Ces Dons ou Grâces dessinent un puzzle virtuel de plaques de conscience épousant les contours d'une insertion de l'espèce dans un cosmos intelligent, comme les côtes de l'Afrique épousaient celles de l'Amérique pour "Wegener et la dérive des continents". Ce puzzle révèle une "plaque humaine" larguée d'un continent de conscience cosmique, "une arche de survie" assurant protection et respect à une intelligence semée en vue d'un retour vers une Transcendance ainsi renouvelée. La vie restant un pari, un privilégié intelligent imposerait-il encore à l'espèce son modèle de prédation devant ce dessein cosmique ? Il est appelé à s'investir à sa manière dans ce choix de non-violence où celui qui refuse de choisir se condamne. L'homme doit apprendre par sa transcendance que tout ne peut pas être acheté : Les conditions de sa survie ne sont pas négociables.

(Shakespeare et la transcendance : Une blague entendue récemment annonçait une vérité : tout est contestable. Il s'agissait d'un parfait sosie de Shakespeare né de même nom, même jour, même vie et expérience... qui aurait été le vrai génie ! La transcendance serait-elle (ou habiterait-elle) la face cachée de l'univers, sa masse invisible (~85% du total d'après la science) ? L'iceberg a aussi deux faces, l'une visible par les hommes et l'autre (~90%) par les poissons. "Le Silence Eternel des espaces infinis m'effraie" disait Pascal qui vivait dans une société qui ne pouvait comprendre la grandeur véritablement cosmique de ce Silence, un Pascal qui resterait effrayé devant un Mal que l'homme nourrit avec encore plus d'acharnement actuellement.

Transcendance ou miroir de conscience : L'homme parie sur la solitude d'un être ne visant qu'à l'expansion interstellaire de son entreprise de prédation - BusinessAsUsual.Universe. Son pari gagné ou perdu, un enfer l'attend :

- Pari gagné : un enfer édifié par un homme seul à qui incomberait la gestion d'un univers sans transcendance, peuplé de prédateurs en herbe issus ou non de sa propre lignée. Il apprendrait alors un peu tard qu'il aurait dû miser sur une place de premier grand voyageur respectueux du Silence Cosmique.

- Pari perdu : un enfer dû à une obstination le conduisant à son autodestruction sous les yeux d'une transcendance qu'il n'aura pas reconnue et qui n'interviendra donc jamais.

L'arbuste et l'enfant : Les aînés savaient dire avec tendresse que les chemins qui mènent à l'ordre sont plus difficiles à prendre que ceux du désordre, mais que l'ordre et la beauté du monde révèlaient que le Bien a toujours triomphé d'un Mal prêt à renaître. Avec des images et des mots démodés, une de leurs leçons de morale comparait l'enfant et l'arbuste : ils devaient pousser droit en se laissant guider par la sagesse du planteur plutôt que par la folie du vent afin d'apprendre à ne pas gêner les autres, comme une pièce de puzzle dans une forêt de semblables depuis longtemps plantée. L'école de la vie enseigne aussi de jouer dans sa cour avant d'entrer dans celle des grands !


L'humanité ne trouvera pas sa place en poussant comme le veut le vent de la prédation. Une liberté chèrement payée lui a jusqu'ici permis de commencer un puzzle terrestre destiné à s'inscrire dans un autre plus grand. Mais les contours du premier doivent être précisément taillés et ajustés pour s'intégrer dans l'autre. La partie serait autrement perdue alors que loin de la menacer, le silence cosmique l'invite dans la cour des grands: Un Cosmos vivant qui veut faire pousser une "forêt d'hommes-dieux" en communion cosmique, prêts à s'enrichir d'une intelligence qui se multiplie par le don et le partage, en vue de "l'accouchement d'une transcendance terrestre". Vivre seulement d'amour et d'eau fraiche dans une existence purement virtuelle ? Non, ...d'amour et de la découverte d'un Cosmos vivant conduisant à une perfection. Cette invitation à la transcendance est la prière d'un Planteur Extraterrestre pour lequel l'échec de l'humanité (l'avortement cosmique de sa transcendance) serait aussi le sien.

Pile je gagne, face nous gagnons : L'homme peut faire un pari cosmique gagnant. Seul ou non, il a en effet intérêt à parier sur la Grandeur du silence cosmique par un investissement réel dans la non-violence. S'il est seul, il aura la chance de pouvoir poser la première pierre d'un monde sans prédateurs ni proies en devenant Premier Grand Voyageur. Sinon, ce Monde de Transcendance Cosmique est déjà prêt à l'accueillir.

Une évidence cosmique s'impose : seuls des prédateurs rompraient le silence cosmique face à une humanité prédatrice et sans charme. Cette évidence jusqu'ici ignorée en dit long sur le conditionnement idéologique de notre civilisation. "Les vessies deviennent il est vrai des lanternes" (11/09/01, ADM de Saddam, assassinat de Kennedy, Golfe du Tonkin, Baie des Cochons...), et la vérité sur le silence cosmique est inaudible dans un monde qui poursuit une prédation assourdissante derrière des paravents de démocratie et de liberté, les déshérités ne rêvant à rien d'autre qu'à devenir les plus forts. C'est un lavage de cerveau planétaire, une production de propagande auprès de laquelle l'ex-production communiste fait figure d'artisanat préhistorique. Les bribes de vérités jetées parfois en pâture ne sont elles-mêmes que l'expression d'une vieille ruse de guerre qui prêche un peu le vrai pour mieux tromper, comme en témoignent les traditionnelles moqueries sur la théorie du complot. Y a-t-il complot ou non ? Selon la formule du capital, tout marché dans un domaine quelconque (économie, guerre, mafia...) existe dès et tant qu'il y a une demande pour le soutenir. Si le complot n'existe pas déjà malgré un marché évident, c'est un miracle qu'il faudrait honorer. Pourquoi alors s'attendre à un autre miracle en tournant en dérision ceux qui le croient déjà là ? Sauf s'il est lui-même marchand de mauvaises graines, le paysan ne sauve pas son champ en refusant de voir les mauvaises herbes en progression tout autour ! Une musique qui parle déjà mieux que leurs mots ne peut dire à tout homme intelligent qu'une chose : toute dérision entretenue sur la "théorie du complot" est une ruse vieille comme le monde dans une stratégie d'embuscades et de complots nés ou à naître menée par de grands prédateurs bien présents dans l'ombre.

La décentralisation cosmique de l'homme exige son renoncement à une philosophie de l'égoïsme entretenue dans l'espèce par les plus forts. L'homme doit sortir du centre de l'univers en sortant de son ego, un Saut de Transcendance révolutionnaire qui doit refuser toute culpabilisation individuelle, y compris celle des grands privilégiés qui sont eux aussi victimes d'une commune inconscience. Les responsabilités ne peuvent être punies par des semblables juges et parties qui n'ont que le droit de se protéger, et la peine de mort qui existe encore dans de nombreux pays est à ce titre une honte pour l'homme. Un Tribunal Extraterrestre impartial qui aurait laissé à chacun le temps de renoncer consciemment à la prédation devrait pouvoir juger ces responsabilités. Privilégiés et déshérités auraient alors beaucoup à partager pour accéder ensemble à la Transcendance.

L'humanité ne survivra pas derrière un mur d'assourdissement qui l'empêche d'écouter le silence cosmique. Si elle refusait de prendre un flambeau de transcendance qui lui est tendu, l'univers est sans doute assez peuplé pour que d'autres espèces fassent preuve de moins de stupidité pour perpétuer l'Intelligence Cosmique. Le choix qui s'offre aujourd'hui à elle est un choix de Bienveillance ou de Malveillance Cosmique. Si elle persiste comme jusqu'ici à choisir la Malveillance, elle n'aura alors aucune Bienveillance à attendre ! Comme la frivole Marquise de la chanson de Brassens, elle peut bien sûr chanter : "...Peut-être que je serai vieille, répond Marquise. Cependant, j'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille. Et je t'emmerde en attendant ! "


L'humanité n'aura pas le dernier mot. Une culture de l'égoïsme la porte à croire à une invulnérabilité cosmique où tout lui est dû. Mais elle n'a plus l'âge de croire au Père Noël. Si "la nature a horreur du vide", elle a surtout horreur de la laideur et du désordre si on en juge par la beauté et l'ordre qui règnent dans un univers où la science nous dit plutôt que le vide n'existe pas vraiment. La nature (ou toute forme de transcendance qu'elle aura pu prendre dans son évolution) n'accueillera pas "une transcendance humaine" qui ne voudra pas naître dans la paix.


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jeudi 4 juin 2009

Espace vital et Transcendance Artificielle

Ariste : Un homme-enfant rêve de battre le plus fort alors que
le seul choix rationnel est celui de Pascal : Article le + récent de l'auteur  sur ce thème ici

Une évasion cosmique de l'humanité doit être préparée : Les hommes pullulent et s'empoisonnent mutuellement la vie dans un écosystème étroit qui s'épuise. L'espèce aurait déjà besoin de plusieurs planètes pour survivre. Mais elle est planétairement enfermée et condamnée à manquer bientôt d'espace vital. Elle ne pourrait miser sur "cet oeuf planétaire" sans se préparer à temps à une expansion dans l'espace interplanétaire dans une première étape, et l'espace interstellaire par la suite. Si une évasion dans la hâte pourrait alors tourner à l'autodestruction, elle pourrait aussi, 
si elle intervenait à temps, lui offrir une chance unique d'insertion cosmique.

Mais une humanité jusqu'ici infréquentable devrait dans ce cas s'attendre à devoir partager le Cosmos avec des civilisations de nomades interstellaires plus avancées. L'espèce doit donc devenir séduisante pour être accueillie par un monde extraterrestre qui lui aurait alors déjà prouvé depuis longtemps sa bienveillance en ne la perturbant pas dans son évolution.

L'évasion de milliards d'hommes biologiques n'est pas envisageable. Mais une métamorphose artificielle de l'homme est sans doute réalisable à terme, à partir de connaissances déjà acquises en médecine, en neurosciences, en robotique... "L'étalonnage naturel des sens" est un modèle à reprendre pour des sens artificiels à développer. Tous les organes seraient à cette fin remplacés par des composants artificiels (comme c'est déjà parfois le cas), au fur et à mesure ou en prévision de leur défaillance naturelle. Ceci reviendrait à greffer l'organe sur un corps de plus en plus robotisé, avant de rendre le cerveau lui-même artificiel. L'homme deviendrait alors transcendant, comme sans doute tous les voyageurs interstellaires déjà.


Nos sens sont déjà des outils intelligents, des interfaces naturelles d'interaction de l'homme avec son environnement, et des sens artificiels donneraient alors à l'individu une sensibilité croissante. Des aires du cerveau (mémoire, fonctions motrices, vision, ouïe...) seraient ainsi rendues artificielles et perfectibles avant leur dégradation. Des interfaces cerveau/machine et machine/cerveau permettraient une « sous-traitance » des différentes fonctions par une batterie de composants associés en vue d'interactions directes avec l'environnement.


Avec les machines modernes précisément programmables (electroménager, informatique, etc.), l'homme agit déjà beaucoup par le moyen d'interfaces qui lui permettent de plus en plus de faire faire plutôt que de faire lui-même, et cette évolution vers l'homme artificiel ne ferait donc qu'accentuer une tendance déjà existante. Comme pour tout outil (calculatrice, lunettes, prothèses...), une période d'apprentissage serait consacrée à l'utilisation optimale et l'étalonnage précis de ces sens artificiels. Le cerveau naturel cèderait peu à peu la place à un organe artificiel conçu à son image, n'assurant plus lui-même qu'un contrôle d'outils intelligents, comme ceux du pilote d'un avion automatisé qui, une fois la mission choisie, n'aurait plus à prendre les commandes qu'en cas exceptionnel. Il ne s'agirait à chaque fois que de simples outils intelligents, des interfaces interactives au service d'un système cognitif central qui resterait en partie longtemps irréductible.

Une signature cosmique individuelle : L'homme perdrait-il ainsi sa "vraie" nature ? Ce débat philosophique aurait alors commencé depuis l'invention des premiers outils, en passant par le marteau, le bâton, la première machine, le premier ordinateur... L'outil n'est qu'un maillon de plus dans une chaîne symbolisée finalement par la main, le cerveau et les sens... Hominisé naturellement ou non, le primate a développé une conscience transcrite dans son cerveau par des niveaux de bien-être et de mal-être perçus dans le vécu quotidien, des sentiments pouvant aller de la jouissance à la douleur la plus extrême. Les sens peuvent être symbolisés par des interfaces dédiées à des réactions du sujet sur les deux plateaux d'une balance, l'un pour des réactions immédiatement possibles commandées par l'instinct (ou le savoir et l'expérience), l'autre pour des réactions souhaitables et souhaitées commandées par la conscience (ou l'éthique). Le sujet cherchera toujours à agir sur les objets qui l'entourent en vue de réactions susceptibles d'optimiser l'équilibre de cette balance virtuelle. Ses actions sur son environnement peuvent alors être déclenchées par ses sens naturels ou non, ou par son intelligence devenue un sens de plus.


L'indécision demeurerait. Mais si « Dieu ne joue pas aux dés (?)», un être artificialisé pourrait se le permettre en éliminant « les combinaisons perdantes » : De même qu'il s'est toujours reproduit par une sexualité restée mystérieuse, la part "naturelle" du cerveau pourrait en dernier lieu être codée (à l'exemple de l'ADN et du génome) et reproduite (digitalisée) sans avoir été totalement déchiffrée. 

L'humanité pourrait aussi être aidée par des extraterrestres qui pourraient même nous avoir assistés dans notre hominisation et sauraient alors bien mieux que nous notre vraie nature. Mais il restera sans doute toujours une part de mystère, "une petite flamme de transcendance" difficile à distinguer, comme celle d'une petite planète éblouie par son étoile.

Un « digithomme » de transcendance

L'être artificiel qui devrait bientôt venir ne pourrait vivre isolément et ni même exister vraiment qu'en communication, n'étant autrement que potentiellement vivant dans des interfaces (mémoires, robots...). Il ne retrouverait sa conscience qu'au milieu de semblables et d'objets capables de reconnaître « sa signature cosmique » en traduisant sa pensée dans des actions immédiates ou à terme. Il n'existerait que par des reflets dans un monde d'interfaces ("miroirs"), un monde qu'il aurait préalablement édifié en vue de l'animer et de le perfectionner sans cesse. Il n'interviendrait qu'en faisant faire à la manière de l'ingénieur, pensant et agissant seulement par ces interfaces-miroirs (programmes, mémoires, robots, ...) déjà préparées à l'avance. Pour des actions intervenant seulement à terme, ces interfaces supports de son existence pourraient prendre la forme de systèmes physiques naturels (mécaniques, chimiques, météorologiques, gravitationnels, astronomiques...) ou d'espèces plus ou moins avancées (végétales, animales, intelligentes...) maintenues sous contrôle ou en évolution sous tutelle en vue d'un comportement à terme déterminé : comme dans le cas d'une hominisation de primates discrètement menée en apartheid cosmique.


A l'image de Stephen Hawking accèdant si bien à un clavier et au monde par le simple battement d'une paupière, un être de transcendance « effleurerait », tel un pianiste, les touches de son instrument : des interfaces préalablement semées dans son environnement (robots, mémoires, systèmes divers). Comme une pierre plate lancée sur un plan d'eau, il ricocherait d'une interface à l'autre pour recueillir ou déposer des données ("des notes de musique") en vue d'actions ou "d'oeuvres de création" déterminées. Des interfaces intelligentes organisées pour vivre leur vie et se reproduire libèreraient ainsi «l'artiste» de l'entretien de son instrument pour se consacrer uniquement à sa musique et devenir "la musique elle-même". « Des âmes de nature ondulatoire » (rayonnements EM) porteuses de la signature cosmique de chaque être (son identité ou son ADN cosmique) feraient ainsi la navette entre des cerveaux (mémoires individuelles ou collectives) et des sens artificiels (interfaces intelligentes) installés un peu partout dans des relais de transcendance, sur des planètes ou en orbite. L'humanité serait ainsi préparée pour son intégration dans un Cosmos de plus en plus conscient (s'il ne l'était déjà).

Cette métamorphose de l'être humain en un être virtuel concernerait le moment venu tous ceux qui le souhaiteraient, sans l'apartheid médical actuellement pratiqué au profit des seuls privilégiés. Elle est peut-être plus proche qu'on ne l'imagine (The simulation argument, glandes, sang... Une recherche poussée dans les différents domaines des sciences de la vie et des sciences by Nick Bostrom & The blue brain project, by Henry Markram). Des organes et des systèmes corporels complets ont été conçus ou sont étudiés : coeur, rein, cerveau, intestins, foie, estomac... La science ouvrirait à l'humanité les portes d'un autre monde.

La naissance d'une transcendance solaire

L'humanité se serait transcendée en mettant au monde une génération de transcendance solaire. Le « digithomme » serait tour à tour conscient ou inconscient :

1) conscient ou actif, en liaison avec ses semblables et le monde par des interfaces (robots, calculateurs, etc),

2) inconscient ou mort comme le chat de Schröninger, mais potentiellement vivant, en veille dans des moyens de sauvegarde ou de transport (mémoires, rayonnements EM ou autres).

Toute nouvelle expérience acquise pendant un temps de conscience (travail) serait ainsi sauvegardée pendant un temps d'inconscience (repos). Des routines automatiques de mise jour et de sauvegarde seraient activées pendant ces temps d'inconscience, mais le digithomme pourrait aussi compter sur la vigilance de ses semblables pour veiller pendant son sommeil et le réveiller en cas d'alerte. Un instinct collectif de survie prendrait ainsi le relais de l'instinct individuel.

Un hébergement cosmique requis : Un être digitalisé pourrait donc voyager à la vitesse de la lumière dans un rayonnement électromagnétique qui le rendrait potentiellement présent en tout point où des interfaces auraient été installées par l'homme ou par d'autres êtres pour le recevoir. Il ne s'agirait pas d'une "télétransportation" inutile et coûteuse d'un homme devenu artificiel, mais de son intégration par un faisceau d'ondes qui le représenterait totalement dans des interfaces locales qui l'attendraient (mémoires, robots...). N'existant qu'à l'état virtuel en tant que rayonnement EM, il ne pourrait vivre et agir qu'après avoir été reconnu. Cette reconnaissance renouvelée à "une source de transcendance " exclurait toute forme d'égoïsme, pour ne retenir que des projets collectifs en totale communion et confiance dans une bienveillance mutuelle. L'être digitalisé existerait en progressant ainsi d'une source de transcendance à l'autre. Sans cette reconnaissance de ses semblables aux relais rencontrés sur son trajet, il poursuivrait sa route comme toute onde de propagation, dans une inconscience éternelle de mort cosmique.

1) Des transferts électromagnétiques d'êtres de transcendance vers des stations ou essaims cosmiques déjà installés par l'homme sur d'autres planètes ou en orbite deviendraient dès lors possibles.

2) Des digithommes pourraient de même être transférés à la vitesse de la lumière sur des vaisseaux en route vers les étoiles à des vitesses nettement moindres et aujourd'hui déjà accessibles. Le Cosmos serait ainsi ouvert à l'humanité. Un "essaim cosmique de digithommes" en liaison constante avec sa planète-mère pourrait dès lors progresser dans l'espace interstellaire pour aller cultiver ailleurs l'intelligence ou aller à la rencontre d'autres voyageurs. Cette exploration du Cosmos facilitée par l'absence de vie biologique à bord se ferait alors à des vitesses couramment atteintes par des vaisseaux classiques, et sans aucun risque pour l'intelligence elle-même. L'étoile la plus proche resterait donc à des dizaines de milliers d'années, et le voyage prendrait encore des centaines d'années même avec des lanceurs nouveaux permettant des vitesses cent fois plus grandes qu'actuellement. Mais l'homme pourrait heureusement ne pas avoir à faire seul tout cet interminable chemin interstellaire : d'autres nomades libérés depuis plus longtemps pourraient déjà se trouver à proximité de la Terre au moment de son évasion, prêts à accueillir dans l'allégresse l'arrivée d'une nouvelle transcendance solaire.


L'humanité pourrait ainsi être aidée par des extraterrestres bienveillants. Des transferts électro-magnétiques interstellaires de digithommes deviendraient alors réalisables pour toutes les destinations où l'homme aurait trouvé d'autres messagers de transcendance déjà équipés localement pour l'héberger (robots, centres d'accueil) en vue de contacts normaux. Ces voyageurs auraient en effet eux aussi muté vers une forme d'existence virtuelle et pourraient donc offrir à l'humanité de telles facilités de logistique cosmique, y compris déjà dans notre propre système. Ils attendraient d'ailleurs de l'espèce humaine de pareilles facilités en retour et seraient certainement prêts à l'aider à cette fin.

Au vu de son CV (porteur éventuellement de son ADN retraçant son passé biologique), l'hôte extraterrestre pourrait ainsi offrir à l'homme le voyage et l'hébergement cosmique une fois le contact établi.

De telles rencontres seraient des occasions d'enrichissement mutuel et de projets de communion. Des unions interstellaires pourraient se réaliser (mariage de cerveaux) pour un « brassage » plus fructueux de toutes les civilisations avancées. En ouvrant sa porte à l'homme, l'hôte pourrait aussi accepter de servir de relais vers d'autres destinations stellaires en lui donnant par exemple accès à son propre réseau de communication et de relations. Une véritable toile de transcendance pourrait déjà avoir été tissée entre des relais stellaires déjà en place. L'insertion de l'humanité dans ce "réseau internet interstellaire" serait attendue, la toile de transcendance étant ainsi enrichie d'une nouvelle étoile.

Tout espace vital planétaire ou cosmique doit être agrandi et une ouverture interstellaire serait donc une grâce pour l'humanité. Mais cette expansion est incompatible avec une espèce où les plus forts ont toujours voulu agrandir leur espace vital aux dépens des autres (Lebensraum, Amérique, Palestine...). Un espace de transcendance est donc à partager dans le Cosmos avec d'autres êtres déjà libérés. Il ne pourrait cependant plus être constitué de terres et de ressources situées sur des planètes habitées par des espèces faciles à dépouiller. Les surplus annuels d'hommes naturels ne pourraient, rappelons-le, en coloniser traditionnellement aucune, et un homme digitalisé n'aurait pas besoin de telles richesses pour exister et s'épanouir. L'humanité devrait donc cohabiter avec d'autres extraterrestres plus avancés qui la trouveraient suffisamment séduisante, mais elle devra vraiment changer pour devenir capable de séduction.

Un maillon humain dans une chaîne de transcendance

Le Silence Cosmique offre à des voyageurs bienveillants une chance unique de créer cette chaîne de transcendance. Le cri d'allégeance d'une espèce libérée de son ventre stellaire révèlerait alors sa capacité de renaissance. Si l'humanité était la première espèce à se libérer en s'évadant, elle pourrait alors lancer elle-même cette chaîne. Mais sa chance ne serait pas moindre si elle était la dernière !

Le comportement de l'homme trahit cependant jusqu'ici une volonté obstinée de prédation des plus faibles, sans respect pour un silence cosmique de paix. Tout pari sur l'absence de voyageurs plus sages est irrationnel, de tels voyageurs devant justement se taire pour apprendre aux espèces planétairement enfermées le respect de la vie. Les attendre sans vouloir changer de comportement est aussi improbable que d'attendre l'arrivée d'une colonne de manchots antarctiques en plein milieu du Sahara. Seule cette discrétion transcendantale permettra aux espèces moins avancées de découvrir la grandeur de ce Silence.

Ce silence cosmique a force de loi, et l'humanité ne se libérera pas sans donner des gages, sa violence ne montrant au contraire que son inconscience. La responsabilité d'une oligarchie qui ne pourrait abandonner ses semblables en épuisant la planète est particulièrement engagée dans le salut de l'espèce. A l'image des Bourgeois de Calais, elle pourrait en donnant l'exemple de sa sagesse bénéficier de la grâce d'une transcendance ignorant la revanche et la haine, et les déshérités terrestres ne pourraient alors que plaider en sa faveur.

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