Pour les grands privilégiés, l'absence apparente de prédateurs extraterrestres prouve l'inexistence de tout voyageur, même discret ! C'est le pari traditionnel du prédateur qui n'imagine pas un monde sans prédation. Mais un débarquement non préparé ne serait-il pas d'une violence extrême envers l'homme ? Des êtres plus avancés de milliers d'années n'auraient donc rien appris en matière de relations pour venir ainsi s'imposer, ne laissant ainsi au plus faible aucune autre alternative que celle de sa soumission et de son effacement ? Débarqueraient-ils donc toujours à la manière des Vikings et des Conquistadors ? Seuls des prédateurs provoqueraient ainsi une panique planétaire pourtant prévisible. Si c'était à refaire, l'humanité referait-elle donc les mêmes erreurs envers les civilisations indiennes et autres qu'elle a exterminées ?
Au lieu de leur imposer l'invasion et le viol, les plus forts ne devraient-ils pas se montrer les plus sages en aidant discrètement les plus faibles à grandir ? Plus que l'absence de voyageurs, le silence cosmique prouve l'absence de prédateurs cosmiques. L'humanité devrait donc parier sur la présence d'observateurs bienveillants qui lui laisseraient le temps de préparer une allégeance cosmique intelligemment démontrée avant leur arrivée et dans le doute de leur existence. Cette conviction leur serait garantie par l'existence d'une civilisation terrestre construite sur la paix et la fraternité entre tous les semblables de l'espèce.
L'homme peut poursuivre dans son choix actuel de la violence : Mais c'est aussi celui de son autodestruction à terme, pour les raisons suivantes :
L''allégeance ou la mort : Son seul choix est un pari sur une évasion interstellaire déjà réussie par d'autres. Son allégeance sera ainsi prouvée sans appel à une comparution qui ne serait qu'une démonstration traditionnelle de force inacceptable de leur part. La violence d'une espèce qui ne protègerait pas la vie la conduirait à un cancer d'autodestruction, et à l'image de l'enfant sacrifié à sa naissance au bénéfice de sa mère, une Apocalyse provoquée serait alors une moindre violence : un processus peut-être déjà engagé pour l'humanité. (Elle se condamnerait d'ailleurs seule : "L'oeuf terrestre" n'est pas inépuisable,... les lois de la thermodynamique annoncent un désordre croissant d'un système isolé... et l'égoïsme individuel la priverait rapidement des moyens indispensables à son salut...)
Nous en sommes à la quatrième décentralisation cosmique dans le monde de la matière, mais il pourrait exister autant d’autres à faire dans le monde de la pensée ! L’homme se voit en effet toujours comme le nombril de cet Univers dont il possèderait la forme la plus avancée de conscience, ce qui est encore très vraisemblablement une illusion. Car s’il a dû malgré lui accepter l’idée d’une décentralisation de sa maison et de son jardin que représentent respectivement la Terre et le Système Solaire, il persiste toujours dans l’idée de rester campé au centre d’un monde de vie et de conscience (le monde de la pensée) qui le dépasse très probablement, comme le reste.
Après s’être autant de fois trompé sur sa position dans le monde de la matière, pourquoi voudrait-il rester à tout prix au centre du monde de la pensée ? Cela ressemble fort à une obstination dans l’erreur.
La similitude observée entre l’infiniment petit et l’infiniment grand dans la matière pourrait pourtant représenter une sorte de construction puzzle naturellement poursuivie dans le monde de la pensée. Si l’Univers et la vie qu’il porte sont nés du hasard comme le pensent les matérialistes, le monde de la pensée ne pourrait en toute logique être étranger de ses propres racines issues elles-mêmes d’un monde de matière dont nous pouvons chaque jour observer la perfection. Dans cette construction puzzle, le monde de la matière représenterait alors « les racines de l’arbre » du monde de la pensée, et on reconnaît toujours l’arbre à ses racines. Elles permettent généralement de déterminer la surface couverte par son feuillage, ainsi que de nombreuses autres caractéristiques de la plante, telle que sa taille et sa grosseur moyenne, sa durée de vie… L’arbre ne pourrait jamais grandir indépendamment de ses racines.
Un parallèle troublant !
Le puzzle du monde de la matière est composé de pièces que nous découvrons de mieux en mieux grâce à la science, des plus grandes aux plus petites : galaxies, trous noirs, étoiles, planètes, satellites, atomes. L’atome a longtemps été considéré comme la dernière petite pièce de ce puzzle, mais on lui a depuis découvert un noyau avec des électrons en orbite, un noyau lui-même composé de neutrons et de protons, ces derniers étant par ailleurs constitués de quarks…
En partant de l’infiniment grand, l’homme n’en a sans doute pas fini avec la découverte de l’infiniment petit dans le monde de la matière.
Le puzzle du monde de la pensée se compose également de pièces que nous découvrons de mieux en mieux, cette fois plutôt curieusement, des plus petites aux plus grandes : acides aminés, bactéries, cellules vivantes, espèces végétales, espèces animales, grands singes, homme préhistorique, homme moderne … L’homme se considère jusqu’ici comme la pièce la plus grande de ce puzzle, mais il pourrait très bien n’être qu'un simple bourgeon d'un arbre du monde de la pensée, ou même un bourgeon d'une de ses branches, l’équivalent de l’atome dans le monde de la matière. Un bourgeon qui n'a pas encore réalisé qu'il appartient à un arbre.
En partant des plus petites racines de l'arbre de la pensée, on n’en a sans doute pas fini dans la découverte du monde de ses branches et du tronc commun qui les porte.
Un choix de guerre universelle par le culte de l’égoïsme individuel
L’homme prend prétexte du Silence Cosmique pour s’accrocher au centre. Prédateur de ses propres semblables et de son environnement dans un capitalisme de jungle qui broie les plus faibles et épuise sa planète, il fait le pari de devenir le plus grand prédateur de la Galaxie et de l’Univers. Il a déjà par ce pari stupide perdu son instinct naturel de survie, un instinct qui devrait l’amener à considérer le Cosmos comme une jungle tant qu’il ne l’aura pas vraiment exploré. Et dans une telle jungle, le silence le plus grand ne prouverait absolument rien, et surtout pas l’absence de forces intelligentes d'autant plus redoutables que leur intelligence les amèneraient précisément à rester discrètes, à l'exemple de l'homme lui-même qui sait se rendre furtif envers ceux dont il veut s'assurer l'allégeance.
Des êtres capables de voyages interstellaires auraient des milliers ou des millions d’années d’avance sur l’homme, et s’il ne pourrait rien leur cacher, ils ne se laisseraient pas découvrir tant qu'il resterait prédateur. Et il pourrait en exister des bienveillants comme des malveillants ! Les extraterrestres auquels il voudrait s'adresser sont soit des voyageurs prédateurs jusqu'ici interdits d'accès à notre planète par une civilisation de nomades interstellaires bienveillants, soit des êtres encore incapables de voyage. Sa pratique quotidienne de prédation et de violence est en elle-même une provocation permanente envers ceux qui lui sont bienveillants. L’homme ne pourrait en effet prétendre être mieux disposé à leur égard qu’envers ses propres semblables. Sa science et sa technologie font actuellement de lui un prédateur cosmique potentiellement dangereux, et ce danger ne pourrait être ignoré par des êtres aussi avancés. Leur silence ne peut être qu'une tolérance envers l'être encore inconscient qu'il est encore, comme la tolérance de l'adulte envers l'enfant et l'adolescent.
Mais cette tolérance cosmique ne pourrait pareillement être éternelle.
L’homme n’a pas la politique de ses moyens face au Cosmos. Car dans un monde de prédation qu’il persiste à vouloir construire, le plus faible n’aurait pas le choix des armes. Et il serait le plus faible face à des voyageurs interstellaires.
Un choix de paix universelle par une décentralisation cosmique
Il ne reste donc plus à l'homme qu’à faire le pari inverse qui est d’ailleurs le plus réaliste d’un point de vue purement statistique, à savoir que l’homme n’est probablement pas l’être le plus avancé de cet Univers et qu’il doit par conséquent démontrer sa volonté de paix universelle puisqu'il ne pourrait de toute façon recourir à la guerre face à des êtres capables de voyages interstellaires.
Il doit donc de nouveau se décentraliser en faisant preuve cette fois de plus d’humilité. Il doit reconstruire ce monde et faire le choix de la paix universelle, un choix qu’il ne peut démontrer qu’en renonçant au capitalisme et à toutes les autres formes de prédation planétaire que les privilégiés et plus forts de l’espèce ont institué pour perpétuer leurs privilèges.
D’éventuels voyageurs interstellaires doivent savoir que l’homme ne leur est pas hostile avant tout contact, et ils ne pourraient se contenter de discours. S’ils existent, leur silence est déjà en lui-même un message de paix adressé à un homme intelligent. Car s’il est vraiment pacifique et sage, le plus fort ne se présenterait en effet jamais devant le plus faible tant qu’il n’aurait pas été invité par une claire démonstration de bienvenue.
L’homme doit avoir l’intelligence de répondre à ce silence de paix universelle par une démonstration de paix terrestre.
La mondialisation sauvage actuellement menée doit être stoppée pour une mondialisation de paix universelle. Si cette reconstruction de notre société planétaire n’était pas entreprise, l’homme irait à sa perte, victime de sa propre prédation, ou livré à d’autres prédateurs cosmiques tels que celui qu’il s’apprête lui-même à devenir s’il continue de provoquer chaque jour le Cosmos par sa préparation permanente à la guerre.
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