jeudi 28 février 2008

Retour dans la jungle !

par Benoît Lebon


Des réfugiés heureux !

Les réfugiés actuels pourraient envier ceux de l’ex URSS accueillis comme des héros lorsqu'ils parvenaient à franchir les mailles du fameux Rideau de Fer, quelles qu'aient été par ailleurs les raisons profondes de leur départ. La propagande anticommuniste faisant feu de tout bois ne pouvait voir en eux que des persécutés. Reçus avec des fleurs, des facilités d’installation leur étaient offertes, et la presse avait à chaque fois l’occasion de faire des choux gras sur des évènements qui ne pouvaient que confirmer la justesse d’un anticommunisme qu’il était de bon ton d’applaudir. Heureuse époque où des réfugiés étaient bien traités !

Un marché international de rideaux de fer.

Les pays socialistes ont vainement tenté de se protéger d’un capitalisme de prédation planétaire derrière un Rideau de Fer peu recommandable. Mais après avoir gagné, le monde des privilégiés a finalement convenu que ce rideau n’était après tout pas une si mauvaise idée. Il se barricade en tous cas derrière des rideaux bien plus meurtriers que le fameux Rideau de Fer, et un marché inépuisable semble désormais ouvert. Les rideaux de fer se vendent déjà bien sur les marchés nationaux où les plus riches s’enferment de plus en plus dans des ghettos dorés afin de tenir les pauvres éloignés. Mais le marché international offre des perspectives bien plus prometteuses encore.

Du Caucase à la Norvège via la Palestine, Gibraltar, l’Asie et l’Amérique, les privilégiés s'abritent derrière des rideaux de fer. Mais les malheureux réfugiés qui veulent les franchir pour survivre sont moins assurés que naguère d’être accueillis en héros. Plus de fleurs à leur arrivée, plus de récits exaltants de leurs exploits, de leurs longues traversées de tunnels vers des bras prêts à les accueillir ! Exit ces envahisseurs qui sont à pourchasser et à reconduire dans des avions blindés au plus profond de la jungle de misère qu'ils ont voulu quitter. Il ne faut pas rêver : le monde des privilégiés ne pourrait pas recueillir toute la misère qu’il sème !

Propagande capitaliste.

Ces nouveaux rideaux pourraient-ils cacher que le Mur de Berlin n’aura fait que 294 morts en 28 ans (!), alors que le Grand Mur séparant le Mexique des USA en fait plus de trois fois autant par an ; que les multiples rideaux de fer israéliens de Palestine font beaucoup plus de morts palestiniens sans que la bonne conscience capitaliste en soit vraiment troublée; que l’interminable rideau de fer établi tout au long de la Méditerranée engloutit des milliers de victimes africaines; que le rideau de fer de la faim et de la misère entretenu par le même capital dans le monde entier fait des milliers, sinon des millions de victimes; que le devoir de mémoire demandé aux écoliers sur le sort épouvantable d’anciens enfants déportés ne pourrait masquer le manque de fleurs et de cœur de la France et du monde pour tous les déportés actuels, etc. ?

Des bêtes échappées de la jungle !

Mais ce ne sont là que des chuchotements dans le vacarme d’un capitalisme triomphant clamant haut et fort depuis la fin du communisme que le réfugié ne peut être qu’une bête échappée qui doit être ramenée dans sa jungle !


samedi 23 février 2008

Communion cosmique : Accueil & Index.



Index des articles présentés :

- Le malentendu cosmique de Fermi

UNE VALEUR-PHARE DE SURVIE.

par Benoît Lebon


Des rouages bien huilés !
Une espèce avancée pourrait être amenée à orienter l’essentiel de ses forces vers la préservation d’une valeur-phare jugée à tort ou à raison fondamentale pour sa survie. Tous les rouages de la civilisation seraient finalement conçus en fonction de cette exigence.

L'espèce ne pourrait alors survivre que si cette valeur-phare est réellement porteuse de paix. Tous les rouages devraient être bien huilés, ne laissant en définitive aucune place pour des affrontements fratricides. Chacun devrait démontrer en permanence son allégeance au système de valeurs adopté par l'espèce dans sa politique globale.

Cette communion autour d’une valeur-phare relève-t-elle de la fiction ou d'une forme de totalitarisme ? L'homme a pourtant fait ce choix. Mais sa valeur-phare n'étant pas porteuse de paix, elle pourrait lui être fatale.

Une communion avec le capital.

Comme le drogué dépendant de sa drogue, l'homme est devenu dépendant du capital ! Traditionnellement porteur de guerre, le capitalisme devenu planétaire et totalitaire réalise en effet une communion de l’espèce pour le pire. Par le contrôle des moindres rouages de notre civilisation, ce système lie le sort de l’humanité au sien, devenant de facto la principale valeur-phare et le moteur de l’espèce. Comme l’échec du socialisme l’a montré, aucun pays ne pourrait échapper à son emprise et une démonstration d’allégeance au marché est aujourd’hui exigée de toutes les forces de la planète et des individus. Les rouages du capital l'exigent : les récalcitrants doivent se laisser entraîner ou être broyés.

Les derniers soubresauts de Cuba ou d’autres îlots de résistance montrent qu’un refus d’allégeance au capitalisme n’est presque plus envisageable. Les trafiquants de drogue ne pourraient laisser des marchés inexploités !

L’homme aurait-il donc décidé de vivre ou de mourir pour le capital ? Le drogué le plus intoxiqué peut pourtant se libérer s’il le veut vraiment !

L’argent acquis par presque tous les moyens devient cependant plus que jamais la principale valeur-phare de l’homme, la mesure des autres valeurs classées comme des exigences démesurées pour la majorité des hommes. L’essentiel des énergies de la planète est consacré à l’enrichissement personnel d’une minorité de privilégiés insatiables.

Une autre allégeance.

Des êtres capables de voyages cosmiques intègreraient notre planète à leur écosystème interstellaire et exigeraient légitimement une allégeance de l’homme à leur propre valeur-phare. Serait-elle meilleure que la nôtre ? Elle leur aurait en tous cas permis de survivre jusqu’à un stade plus avancé de milliers ou de millions d’années !

Un capitalisme prédateur.

Selon toute vraisemblance, un capitalisme porteur de violence ne permettra pas cette performance. L’homme devrait donc se préparer à accepter une allégeance cosmique, en se donnant par exemple une valeur-phare de survie qui lui permettrait de porter sa flamme de transcendance le plus loin possible dans l’univers.