samedi 15 décembre 2007

Ordre et transcendance cosmique

par Benoît Lebon
L’apartheid cosmique est l’hypothèse d'une évolution discrètement contrôlée des espèces moins avancées par des civilisations interstellaires voisines.

Un apartheid terrestre injustifiable.

Les plus privilégiés se cachent déjà avec leurs privilèges dans des ghettos dorés, cellules d'apartheid bien gardées. Ils ne cotoient pas les autres de trop près pour maintenir une paix qui demeure malgré tout toujours conflictuelle.

Imposé par la force, cet apartheid injustifiable entre des semblables est plus répandu qu'on ne le dit. Notre civilisation planétaire s'est construite suivant ce modèle d'apartheid, avec des cellules de plus en plus peuplées et dégradées en aval.

Un apartheid extraterrestre légitime.

Si les plus puissants de cette planète se cachent pour ne pas être trop harcelés, pourquoi des ET plus avancés seraient-ils plus visibles ? Ils devraient être encore plus discrets.

Faux paradoxe et vrai leurre.

On exclue l'existence de voyageurs ET en avançant le Paradoxe de Fermi, ou encore l'absence d'une ambassade ET à Washington ! Mais celle-ci serait assaillie par des foules de défavorisés, bien plus encore que celles de l'Ouest derrière l'ex Rideau de Fer. Les faveurs attendues conduiraient à des affrontements, si bien que c'est la visite de voyageurs bienveillants qui serait déraisonnable, et non leur existence. Ayant prévu les conséquences d'un tel débarquement, des êtres assez intelligents pour arriver jusqu'à nous se contenteraient de nous observer discrètement de loin, ou de nous aborder masqués ! Depuis la mort de Fermi, des générations de chercheurs discutent cependant autour de ce faux paradoxe qui brouille le débat sur le silence cosmique au lieu de l'éclairer.

La conclusion du savant était trop hâtive. Il est vrai qu'il devait mourir peu après.

Un rideau de fer cosmique.

Plus encore que les grands privilégiés terriens, des voyageurs ET se cacheraient derrière un véritable rideau de fer cosmique. Nous ne pourrions les détecter tant que nous ne serions pas nous-mêmes devenus des voyageurs interstellaires, un pas sans doute infranchissable sans leur accord.

Un silence cosmique naturel.

Contrairement à un apartheid terrestre entre des semblables, un apartheid cosmique institué par des êtres plus avancés de milliers ou de millions d'années serait légitime. L'homme devrait en toute hypothèse faire la preuve de son allégeance envers toute transcendance potentielle. Sans l'allégeance des moins avancés, toute flamme d'intelligence qui aurait eu la chance de naître dans cet univers finirait en effet par s'éteindre dans des affrontements menant à la destruction de son écosystème. C'est ce que l'humanité pourrait être en train de démontrer !

Le fossé du silence cosmique.

Seul ce fossé pourrait procurer la paix à des ET avancés. Leur démarche s’apparenterait alors à celle d’une superpuissance terrestre dans le contrôle du nucléaire, ne procédant que d’un réflexe de précaution à long terme, d’un instinct cosmique de survie de la flamme de transcendance dont ils seraient porteurs.

Des relations terrestres basées sur des rapports de force relativement équilibrés rendent tout contrôle par une superpuissance précaire et conflictuel.

Mais il en irait différemment avec un contrôle interstellaire plus discret à un stade moins avancé dans l’évolution. Des observateurs ET postés dans notre voisinage viendraient ainsi d'une civilisation plus avancée de milliers ou de dizaines de milliers d’années au moins. A la vitesse considérable de 1% de celle de la lumière, ils auraient déjà mis près de 500 ans pour venir de l’étoile la plus proche, et des milliers d’années pour d’autres étoiles proches.

Un apartheid cosmique obligé.

L’avance transcendantale acquise par de tels voyageurs sur des civilisations encore sédentaires serait au moins égale à la somme de tous les temps de trajets interstellaires déjà effectués. Elle exclurait des échanges conscients, ce qui conduirait à un apartheid cosmique obligé pour des êtres non prédateurs.

Un apartheid de bienveillance.

L’homme moderne s'est montré prédateur envers ses semblables plus primitifs. Face à un tel écart de développement, la sagesse commandait en effet de leur laisser le temps de prendre l'inititiative d'une approche pacifique en toute conscience. Des êtres plus avancés s'imposent en effet par leur seule présence et ne pourraient pacifiquement cotoyer que ceux dont l'arrivée a été préparée. Des visiteurs bienveillants auraient acquis cette sagesse et s'abstiendraient de nous donner tout signe trop évident de leur existence tant que nous ne l'aurions pas fortement soupçonnée, sinon révélée, et tant que nous ne serions pas nous-mêmes sur le point de maîtriser le transport interstellaire.

Une démonstration de conscience cosmique.

Il appartiendrait donc à l'homme de prendre l'initiative d'une approche pacifique en démontrant d'abord son respect face à des êtres qui mériteraient déjà d'être considérés comme des tuteurs cosmiques bienveillants, ne serait-ce que pour l'avoir laissé évoluer en paix. Mais de tels êtres auraient aussi pu intervenir de façon plus intime dans son évolution. Une intervention qui pourrait même avoir été à l’origine de son éveil.


Tacite responsabilité cosmique de l'homme.

Cette analyse est-elle trop anthropocentrique ? De tels êtres n'auraient eu rien à craindre des hommes préhistoriques. Mais auraient-ils pris le risque d'attendre ? L’humanité a démontré qu’une espèce peut rapidement développer des capacités de destruction considérables après avoir atteint le stade industriel. Une intervention précoce réduirait les risques et les coûts.

Une culture cosmique de l'intelligence.

Un souci naturel de préserver l'intelligence universelle déjà acquise devrait pousser des civilisations avancées à faire le choix d'élever discrètement des primates en vue de les rendre intelligents. Elles pourraient le faire comme on élève des enfants, multipliant ainsi les foyers d'intelligence dans une forme d'assurance pour la vie. La vie intelligente pourrait n’être qu’une forme de culture de l'excellence exigeant de ne pas trop laisser "les mauvaises herbes" envahir le champ avant d'intervenir.

De même que l'homme choisit de cultiver son champ plutôt que de l'abandonner à la nature, un choix de promotion d'une espèce primitive à l'intelligence serait naturel de la part d'êtres très avancés. Ce serait une étape normale après l'élevage et l'agriculture. (Les arbres fruitiers existent à l'état sauvage, mais ils donnent mieux quand ils sont cultivés!)

Une homogénéité universelle.

Le monde de la pensée pourrait être comme celui de la matière où l'infiniment petit et l'infiniment grand se ressemblent finalement beaucoup. Leur survie étant en jeu, des ET beaucoup plus avancés réagiraient-ils différemment de l’homme, comme on l’avance ? Que la vie soit née du hasard comme l'affirment certains ou qu'elle ait été créée ou guidée comme l'avancent ceux qui font l'autre pari, pourquoi faire preuve de négligence ?

Un pari cosmique rationnel.

L’homme pourrait faire le pari que toute espèce intelligente cultiverait un instinct de survie face aux dangers potentiels, un instinct qui deviendrait ainsi une valeur commune à toutes les espèces. Celles qui l’auraient perdu seraient en voie de disparition ou disparues, donc sans importance !

Grand chasseur ou proie ?

L'homme fait agressivement le pari d'être le meilleur chasseur de l'univers. Mais le chasseur trop sûr de lui peut aussi devenir proie ! La science permet-elle à l'homme d'être aussi sûr de lui ? Une démonstration humaine de pacifisme envers toute forme éventuelle de transcendance serait un pari moins risqué.


Nul n'est censé ignorer la loi cosmique !

Qu’elle soit terrestre ou extraterrestre, une superpuissance ne pourrait par ailleurs se charger de l’ensemble du maintien de l’ordre dans sa sphère d’influence.

La nécessité d'une allégeance reconnue.

La force principale doit pouvoir compter sur ses composantes pour le maintien d'un ordre local globalement établi : Rome comptait déjà sur ses provinces, et tous les pays de la Terre (dont l'Afghanistan, l'Irak, etc. ) devraient un jour pouvoir compter sur leurs propres forces dans le cas d'une allégeance à une superpuissance planétaire, terrestre ou extraterrestre. Ce qui exclut toute allégeance imposée par la force. Elle ne pourrait être que le fruit d'une conviction profonde de l'intérêt général, ou d'un souci universel de préserver la vie et l'intelligence !

Cette responsabilité locale est tout naturellement déléguée aux puissances secondaires placées sous tutelle, et tel serait le cas de l’espèce humaine s’il s’avère un jour qu’il existe des espèces plus avancées, ou que Dieu lui-même existe. Aucune superpuissance ne pourrait trop longtemps tolérer un désordre local qui la menace toujours à terme.

Un contrat cosmique tacite et naturel.

Cette tacite délégation de responsabilité pour le maintien de l'ordre cosmique local devrait déjà alerter les plus forts de l'espèce humaine sur la protection de la nature et de la vie animale. Le bon sens nous avertit que l'existence purement potentielle d'une superpuissance cosmique suffirait déjà pour imposer une loi naturelle que nul ne pourrait ignorer. L’absence apparente de gendarme extraterrestre ne serait pas un alibi.

La responsabilité des plus puissants.

L'écosystème terrestre aurait ainsi été confié aux plus forts en "sous-traitance", par un contrat cosmique tacite et naturel. Ils devraient en effet assumer une responsabilité première tant qu'ils maintiendraient les plus faibles de leurs semblables sous tutelle.

Dans la mesure où ils seraient jugés conscients, toute instance supérieure pourrait déjà leur en demander des comptes de gestion. Aucun être intelligent de cet univers ne serait censé ignorer la loi cosmique !

Une échelle gigogne de transcendance cosmique.

La responsabilité cosmique des plus forts s’étendrait ainsi toujours plus en amont dans l’échelle de transcendance, suivant un modèle de construction gigogne. Des tuteurs cosmiques de l’homme seraient donc eux aussi susceptibles d’être placés sous une autre tutelle (dans une autre « poupée gigogne ») dont l'existence leur serait également cachée, et ainsi de suite ... jusqu’aux êtres les plus avancés de l’univers, ou jusqu’à Dieu lui-même selon les convictions de chacun.

Un inceste cosmique.

Une cohabitation entre des êtres de niveaux vraiment différents serait "incestueuse". Elle se réaliserait en effet au détriment des moins avancés, dans une forme de soumission qui rendrait leur évolution impossible. Une cohabitation mutuellement profitable ne pourrait exister qu'entre des semblables.

L'apartheid cosmique serait donc une loi universelle de survie de l'intelligence observée par tous les êtres conscients.

Une chaîne de transcendance.

Dans cette course vers toujours plus de conscience, l'homme prétend encore être le leader. Mais le premier serait aussi le dernier dans un univers infini. Quelle que soit sa place, sa responsabilité ne serait pas moindre !

Silence cosmique et culture du doute

L'apartheid cosmique ne permettrait pas, répétons-le, des contacts traditionnels entre des êtres vraiment différents, comme entre des voyageurs ET et l'homme. Selon les spécialistes de la vie animale et en particulier des primates, de tels contacts fragilisent les espèces les moins avancées. Des voyageurs ET pacifiques observeraient cette précaution qui n'est qu'une forme de respect de la vie et de l'intelligence.

Il serait donc vain de s'attendre à des visites ou à des réponses à nos appels en persistant dans une prédation planétaire, ou dans des programmes de recherche de type SETI, etc.

Une allégeance cosmique.

Une humanité devenue consciente devrait donc faire un choix sans équivoque d'allégeance cosmique qu'attendrait toute civilisation de voyageurs ET avant toute approche éventuelle. L'homme s'est jusqu'ici dressé contre le Cosmos en raison d'une inconscience que le temps est venu de dépasser.

Un hommage cosmique attendu.

Cette allégeance reconnue et acceptée par l'homme serait déjà un hommage à la performance de toute espèce de voyageurs cosmiques qui aurait pu mener la transcendance aussi loin. Si aucune certitude sur l'existence de tels êtres ne serait requise pour leur rendre cet hommage, un refus d'allégeance préalable équivaudrait à une déclaration d'hostilité de l'humanité face à toute transcendance potentielle.

Pacifisme et apartheid cosmique.

Sans une démonstration d'allégeance devant toute transcendance potentielle (ET ou Dieu), aucune déclaration de paix de l'homme n'est crédible. Comment croire au pacifisme d'une espèce qui maintiendrait la loi de la jungle ? Seule une démonstration de pacifisme dans l'incertitude pourrait convaincre.

Une preuve cosmique d'allégeance.

Comme pour la Terre il y a quatre siècles, l'homme doit aujourd'hui réaliser sa propre décentralisation cosmique en prouvant d'avance son allégeance envers d'éventuels êtres porteurs d'une plus grande transcendance. C'est ce qu'attendraient des observateurs cosmiques parvenus dans notre voisinage stellaire, et c'est ce que l'homme devenu voyageur interstellaire devrait lui-même un jour exiger d'autres espèces moins avancées.

Une assurance cosmique sur la vie

Comme face à tout contrat d'assurance, une assurance cosmique sur la vie et l'intelligence n'impliquerait répétons-le aucune certitude. Mais dans la vie courante, l'homme s'assure déjà contre différents risques plus ou moins probables et souvent superficiels. Toute négligence face à cet enjeu cosmique serait une démonstration d'inconscience. Le pari de l'allégeance cosmique face aux exigences tacites et légitimes d'éventuels êtres plus avancés représente aujourd'hui un moindre risque pour l'humanité.

Une exigence cosmique de sincérité.

Des voyageurs ET bienveillants veilleraient donc à maintenir un apartheid cosmique rigoureux pour un choix de l'homme en toute liberté. Il doit se décider seul.

Pour l'amener à s'interroger, ils ne pourraient se manifester que sous une forme "virtuelle" toujours contestable ("miracles, apparitions", ovnis, etc.) qui leur permettrait de cultiver le doute dans l'espèce contrôlée. Une culture probablement indispensable pour maintenir l'ordre cosmique et respecter le libre choix de l'être intelligent qui ne pourrait s'affranchir dans une cohabitation trop étroite avec des êtres trop dominants.

Notre science devrait à ce propos adopter d'autres critères que ceux de la démonstration traditionnelle pour tenter d'avancer dans cette voie de la connaissance, et ceci en raison même d'un silence cosmique probablement délibéré. Aucune certitude ne pourrait en effet être acquise face à ce silence.
Avec les probabilités, la science a cependant montré qu'elle pouvait accepter une part de doute sans réduire sa crédibilité !

L'apartheid cosmique ne permettrait des relations qu'entre des espèces devenues capables de voyages interstellaires qui devraient réaliser une communion dans la paix pour pouvoir progresser ensemble vers toujours plus de conscience. Avant de devenir nous-mêmes de tels voyageurs, cette communion serait déjà requise sur cette planète entre tous les hommes dans une première démonstration de maturité cosmique et d'allégeance.

Le silence de l'apartheid cosmique pourrait bien être le seul moyen de perpétuer la vie et l'intelligence dans l'univers !

Rasoir d'Occam et évolution contrôlée

L’image du rasoir d’Occam sert souvent à contester l’intervention d’êtres très avancés (ou de Dieu) dans l’évolution, le hasard étant jugé suffisant pour expliquer l’existence de l’homme et son accès à la conscience.

Mais un autre reflet permet une autre interprétation.

Une perspective cosmique transcendantale.

Que la vie terrestre soit née du hasard ou non, il demeure que l'homme pourrait aujourd'hui "féconder" une nouvelle espèce intelligente à partir de primates, et cette avancée change désormais la perspective ! D'autant plus que l'homme pourrait très bien ne pas avoir été le premier être le premier là encore !

Chaque homme est bien né de parents issus eux-mêmes d’une longue lignée d’ancêtres, et comme le veut l'adage, la solution la plus simple est souvent la meilleure : une fois née, la vie intelligente aurait pu se répandre dans l'univers suivant un tel modèle gigogne de tutelle obligée en aval et d'incertitude tout aussi obligée en amont. Ce serait une protection naturelle contre l'autodestruction.


Un Principe d'Incertitude Cosmique

Les théories de l'évolution ne laissent aucune place à l'intelligence qui intervient pourtant depuis longtemps dans la vie terrestre. Ce que l'homme réalise déjà assez maladroitement dans son écosystème ne pourrait-il être fait un peu mieux par d'autres êtres plus avancés dans un écosystème interstellaire un peu plus vaste ?

L'intervention de voyageurs ET est arbitrairement exclue en raison de l'absence de traces évidentes de leur existence. Mais cette règle d'exclusion devient caduque dans le cas d'un apartheid cosmique délibérément observé par de tels êtres, et il n'est pas scientifique d'exclure cette éventualité. L'incertitude cosmique qui en résulte devrait être intégrée au même titre que les autres dans les théories.

Dans le film La vie est un long fleuve tranquille, la servante enceinte est peu crédible lorsqu’elle annonce naïvement à sa maîtresse qu’elle n’a jamais eu de rapport sexuel avec aucun homme. Son histoire est en effet peu vraisemblable.

Une foi matérialiste.

L’homme peut-il encore affirmer comme la naïve servante du film qu’il n’a jamais été fécondé par des tuteurs cosmiques, alors qu'il pourrait lui-même aujourd'hui réaliser une telle fécondation de primates ? Cette vision de son histoire reste peut-être plausible, mais est-elle encore la plus vraisemblable ?

Une telle affirmation sur une évolution qui restera sans doute toujours un peu ténébreuse relève plus d'une foi matérialiste et athée que de vraie science (voir : Le Père Noël, les cigognes, les choux et les roses). C'est un peu comme la foi des hommes les plus primitifs qui ne liaient pas la fécondité de la femme à des rapports sexuels, mais à l'intervention de "forces magiques".

La science et la technologie ouvrent la voie à une autre interprétation possible de l'évolution, sans renier pour autant Darwin. Un principe d'incertitude cosmique qui laisse sa place à l'intelligence s'impose désormais.

L’une ou l’autre version de l'histoire de l'évolution ne devrait cependant pas changer les convictions de chacun sur l’apparition de l’univers et de la vie. Mais d'un point de vue purement rationnel, une forme de conscience cosmique qui irait vers la perfection pourrait bien être en cours de gestation chez les civilisations les plus avancées de notre modèle gigogne.


Un dieu de transcendance cosmique ?

Si Dieu n'existe pas, il pourrait bien tel Osiris naître et renaître dans des vagues successives de transcendance cosmique nourries par un apartheid porteur de paix éternelle.

Par une communion de l'espèce et sa préparation à des voyages cosmiques en vue d'une semblable communion avec d'autres voyageurs de l'écosystème interstellaire auquel elle appartient, l'humanité serait à son tour appelée à générer sa propre vague de transcendance !

Voir également :

- Une sauvegarde obligée de l'intelligence
- Evolution contrôlée en apartheid cosmique
- Un modèle d’intelligence en puzzle

mardi 11 décembre 2007

APARTHEID COSMIQUE ET PACIFISME

par Benoît Lebon



L'homme gardien du feu et de la conscience

Gardien du feu dans la préhistoire, l’homme doit aujourd’hui préserver une flamme de conscience fragile, que la vie elle-même soit née du hasard ou non. Cette préservation est d’autant plus exigée qu’il ne pourrait être exclu que la vie terrestre soit unique dans cette galaxie, et même dans l’univers.

Un devoir cosmique pour l'homme.

Mais la préservation de la conscience acquise sur cette planète commande aussi d’accepter l’hypothèse qu’une flamme de transcendance plus avancée puisse avoir été développée ailleurs dans cette galaxie ou dans l’univers. L’homme est sans doute prêt à accepter cette hypothèse. Mais en accepte-t-il vraiment les conséquences qu'elle implique ?

Hommage à la grandeur

S’il existe des êtres capables par exemple de voyages interstellaires ou davantage, l’homme devrait leur témoigner sa reconnaissance. Il devrait par son comportement leur donner acte d’avoir réussi à mener plus loin que lui la préservation d’une flamme de conscience universelle, une tâche à laquelle devraient s’atteler tous les êtres intelligents de cet univers.

Ce respect cosmique devant la grandeur s’imposerait de lui-même : il devrait donc être démontré par l’humanité sans qu’elle ait besoin d’attendre une démonstration de force qu’apporteraient de tels êtres supérieurs par leur seule présence. Cet hommage serait d’ailleurs bien plus crédible avant toute démonstration de force !

Des observateurs bienveillants.

De tels êtres auraient d'ailleurs eu jusqu'ici une attitude de paix envers l’homme puisqu’ils auraient pu l’anéantir s’ils l'avaient voulu. L'homme devrait donc par avance leur reconnaître leur grandeur et ne pourrait leur répondre que par une attitude de paix. Mais comment leur témoigner son pacifisme ? L’homme répondrait sans doute qu’il serait prêt à leur faire ce témoignage s’ils voulaient bien se montrer !

Une cohabitation impossible

Mais montrer sa force par sa seule présence conduirait le plus fort (voyageur ET, Dieu ?) à inviter l’homme à établir des relations sur une base de rapports de force et de soumission. Et de la part du plus faible (l’homme), demander au plus fort (ET, Dieu?) de se découvrir représente une forme de provocation à son égard, une façon de le considérer d'avance comme un adversaire potentiel avec lequel on peut espérer être un jour capable de se mesurer.

Un apartheid inévitable.

Car lorsqu’il aura montré sa force, comment cet être supérieur (ET, Dieu ?) pourra-t-il savoir si le pacifisme affiché par l’homme envers lui est bien réel, et pas seulement une forme provisoire de soumission à la force qu’il représente, en attendant de pouvoir un jour se rebeller ?
D’autant plus que l’homme utilise quotidiennement sa force envers les plus faibles de son espèce, et envers la nature qui l'a pourtant enfanté !

Une démonstration de pacifisme.

Dans un monde de conscience, le pacifisme ne se décrète pas, mais se démontre dans un comportement quotidien ! Une espèce intelligente ne pourrait survivre sans démontrer son pacifisme et sa sagesse cosmique dans ses relations avec ses propres semblables et avec la nature. C'est le premier message que l'homme devrait adresser à l'univers. Tout autre message de sa part ne serait pas entendu.

Les conditions de la paix

L’homme ne peut donc témoigner de son pacifisme envers les plus forts (et envers Dieu s’il existait !) qu’en démontrant déjà quotidiennement son pacifisme envers les plus faibles de sa propre espèce et envers la nature qui l’a enfanté. Des êtres vraiment plus avancés que lui ne pourraient quant à eux lui témoigner leur pacifisme qu’en restant silencieux en attendant une démonstration humaine de volonté de paix universelle !

Ils pratiqueraient nécessairement l’apartheid cosmique tant que l’homme n’aurait pas concrètement démontré sa conscience et son pacifisme !

Une provocation envers le Cosmos.

L’usage de la force envers les plus faibles, c’est qu’on le veuille ou non, une forme de provocation envers les plus forts, et il est vain de vouloir inviter ces derniers à établir des contacts (SETI, etc.) tant que l’humanité ne leur aura pas adressé un vrai message de paix terrestre ! Ce message, elle ne peut l’adresser qu’en renonçant à un monde de rapports de force et de violence.

Une Mondialisation Sauvage.

Le capitalisme de la Mondialisation Sauvage est une forme déguisée et perverse de terrorisme exercé par les plus forts envers les plus faibles de l’espèce pour le maintien de leurs privilèges.

L’homme doit déjà y renoncer !

Voir également :
- Un capitalisme de prédation planétaire
- Un marché dévastateur
- Un silence extraterrestre délibéré
- Une vraie démonstration d'intelligence
- Une non-violence sans ambiguïté
- Une stratégie de joueurs d’échecs.
- Un modèle d’intelligence en poupées russes
- Le Père Noël, les cigognes, les choux et les roses...